Semis en attente

Le printemps s’est préparé sournoisement. Les cours d’eau ont « décollé » depuis plusieurs semaines déjà. En observant le comportement de notre sonde de température de sol à 10 cm, c’était évident qu’en un rien de temps on pourrait aller aux champs. Il manquait seulement un peu de soleil et une bonne pluie chaude pour réveiller la nature.

Ok, wohhhhh! 50 mm en trois jours, c’est amplement suffisant. Bon, la nature se réveille, les oiseaux chantent et les mauvaises herbes commencent à se pointer. Mais nos semis sont en mode attente. On regarde les prévisions météo et il semble y avoir une deuxième fenêtre au début de la semaine prochaine. L’attente peut paraître stressante, mais j’en profite pour observer et comparer comment nos champs se comportent. Ça va nous permettre de bien suivre l’évolution de notre nappe avec les piézomètres installés. Avec nos semis de blé de printemps terminés en plus de notre blé d’hiver en pleine forme, ça nous fait tout de même 33 % de nos surfaces qui sont semés.

J’oublie la date calendrier et je travaille sur les facteurs positifs. Impressionné de voir comment le blé lui décolle à la vitesse grand V. Je marche mes champs et je constate comment l’eau s’est bien infiltrée dans nos sols. Vraiment une grosse différence de portance pour les sols déjà semés en blé d’hiver. Nos champs en semis direct sont solides et il n’y a pratiquement aucune trace d’eau en surface. La beauté de la chose, c’est que nos cours d’eau ont à peine monté de niveau. Ça confirme qu’un sol sous couvert vivant ou avec résidus retient beaucoup plus l’eau qu’un sol à nu : plus d’infiltration, moins de pression sur la bande riveraine et sur le cours d’eau tout en s’assurant de garder une réserve suffisante dans le sol pour les plantes. Une bonne façon de mieux intégrer les caprices de Dame Nature.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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