Super agriculteur

Je fais partie du projet pilote sur la réduction de l’utilisation des pesticides à haut risque sur nos fermes. La salle était pleine d’agriculteurs et de conseillers qui assistaient à la formation. Le projet va plus loin que seulement élaborer des stratégies pour utiliser le moins possible l’atrazine ou les néonicotinoïdes. Il s’agit aussi de mettre l’accent sur le choix de nos pesticides par rapport à leur indice de risque sur la santé et l’environnement.

En fait pas la santé, mais MA santé. Tant qu’à choisir un herbicide pourquoi ne pas prendre la peine de choisir parmi les herbicides homologués celui qui est le moins nocif pour ma propre santé? Faut que j’avoue, je suis loin d’avoir été un modèle de précaution dans ma carrière. Avec tous les produits que j’ai utilisés sans protection, je devrais déjà être six pieds sous terre. Maintenant, je fais plus attention : gants jetables, sarrau et masque complet. Quand on a décidé de participer au projet pilote, je pensais que ça se ferait tout seul. On a déjà notre registre de pulvérisation, soit 725 lignes sur un chiffrier Excel sans compter les lignes d’observation des résultats. On ajoute les colonnes IRS et IRE et le résultat va se compiler en 60 minutes. Ce n’est pas tout à fait ça.

Mon agronome a dû reprendre toutes mes données et les entrer dans une machine à saucisse déjà formatée champ par champ. Résultat : pratiquement 75% de l’aide pour participer au projet est allé directement en temps pour que mon agronome entre des données que j’avais déjà en main. Oui, on a noté quelques améliorations à y apporter pour 2018. Mais j’aurais préféré que l’aide gouvernementale soit disponible pour que je puisse aller plus loin. Je me sens un peu comme un étudiant du cégep à qui on demande de refaire sa sixième année. On aurait pu récupérer les heures gagnées dans l’entrée de notre registre pour élaborer de meilleures stratégies en phytoprotection ou faire des suivis de produits aux champs. Alors que le système de santé cherche des façons d’être plus efficace en donnant plus de pouvoir aux super infirmières. On devrait encourager et reconnaître les compétences des agriculteurs sur le terrain. Alors pourquoi pas des super agriculteurs? Après tout, c’est ma profession!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

Articles récents de Paul Caplette

Commentaires