Tant vaut le village, tant vaut le pays

Dernièrement, on a reçu un groupe de jeunes étudiants de 6e année sur la ferme. Ils participent à un projet  de coopération France-Québec. Leur sujet: l’homme et le lac. Ils font une étude comparative de deux zones humides, soit le lac de Grand-Lieu en France et le lac St Pierre d’ici. J’étais honoré d’y participer pour vulgariser un peu les gestes qu’on pose sur nos fermes pour diminuer nos impacts sur nos cours d’eau. Une petite introduction dans l’atelier pour leur expliquer en gros ce qu’on fait. Ils sont allumés, curieux et surtout, bien impressionnés des équipements dans l’atelier.

Bon les amis, mettez vos tuques et vos mitaines, on fait une petite sortie dehors!

Je leur explique l’effet qu’ont les brise-vent sur la ferme, le fonctionnement des avaloirs, du semis direct. Une petite visite sur le blé d’hiver. Le sol est ferme en surface mais je peux réussir à sortir de bonnes pelletés de terre. Ils écoutent avec attention et je remarque leur grand intérêt quand je leur explique ce que je trouve dans le sol. Ici, c’est un nodule sur une racine de soya: elle fixe l’azote de l’air…Ici, regardez: les racines de blé sont bien vivantes parce qu’elles sont blanches. Je vois un trou de ver de terre et je réussis à leur en montrer un courageux, caché dans les racines de blé. Le ver de terre est précieux et plus on en aperçoit, plus le sol est vivant. C’est un grand travailleur. Il mange et décompose les résidus, fait des trous pour faire circuler l’eau. En fait, le sol est un peu comme un village. S’il y a du travail, les travailleurs s’y installent et fondent une famille. Arrive l’école, le dépanneur et une vie communautaire stimulante se met en place. Même chose pour le sol. Plus il y a de vers de terre, plus grand est le village et plus la vie y est stimulante.

Leurs nez sont rouges, on commence à sentir le froid. On retourne à l’atelier. Ils sont heureux, courent un peu partout et me font une demande. Est-ce qu’on peut monter dans la batteuse? Euh oui, si votre professeur veut bien. Finalement, ils ont monté un à un au volant de Gertrude.

Tant vaut le village tant vaut le pays!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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