Une question de perspective

Ça prend beaucoup de temps et d'énergie de faire autrement et de développer de nouvelles façons de faire

La semaine dernière nos champs de maïs paraissaient quand même bien. Quand on observe par le bout du champ, il semble un peu pâle. Attends une minute, j’ai juste à reprendre le même champ sous l’éclairage inversé…ouin, ça paraît mieux! C’est bon pour la photo, la prise de vue à mettre sur les média sociaux.

Mais juste en entrant dans le champ c’est facile d’apercevoir bien des imperfections que n’importe quel agriculteur professionnel averti peut constater en un clin d’œil. Un peu plus de 10 % des plants ont un retard de croissance par rapport aux autres; 3 à 5 % des plants ont décidé de fermer la shop, qu’ils soient traités ou non.

Nos pulvérisations en bandes ont bien fonctionnées, mais on a démarré notre prototype de pulvérisation chirurgicale avec un peu de retard. Taponne, ajuste, réajuste. La pompe qui lâche. Installe une nouvelle pompe de rechange avec des spécifications de débit d’huile différentes et on perd une demi-journée en ajustement. On a donc décidé de pulvériser une plus grande partie à  l’ancienne parce qu’on avait peur de perdre le contrôle. Ça prend beaucoup de temps et d’énergie de faire autrement et de développer de nouvelles façons de faire. Le prototype fonctionne bien et ça nous a permis de déjà voir de nouvelles opportunités à explorer l’an prochain.

Voilà que depuis quelques jours nos sols commencent tout juste à dépasser les 18 degrés Celsius. Tout d’un coup, notre maïs commence à prendre sa couleur vert bleu et ce, même si nos derniers fractionnements azotés ne sont pas encore faits. Justement, on attend que le sol se réchauffe pour bien évaluer nos ppm de nitrate que nos couverts 2018 nous ont fournis. Au fond, ça me stresse d’attendre. J’aurais le goût de tout régler ça maintenant et de passer à autre chose. J’ai l’impression d’être en retard, mais en fait, avec nos dates de semis tardives, c’est tout à fait normal que nos derniers fractionnements se fassent plus tard.

Bon, le meilleur moyen d’arrêter de m’en faire est de m’évader loin de nos champs de maïs. À mon retour j’aurai nos résultats de ppm de N et on pourra reprendre le collier. Profession: agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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