Une vision à long terme pour notre bassin versant

On veut gérer l’espace pour transformer la petite pointe en une véritable zone imbibée de biodiversité

Ça fait cinq ans qu’on y pense, trois ans qu’on planifie et qu’on ajoute des « tant qu’à y être ». C’est fait juste à temps, juste avant les fortes pluies. Sauver le chantier soya en même temps que le chantier remblayage de la petite pointe.

Bon, la phase un de notre bassin sédimentaire biodiversité est complétée. La petite pointe représente 0,3 ha de terre tout près de la ferme. Mon père envoyait les taures une fois de temps en temps pour y faire le ménage. À l’époque, je traversais le petit fossé à pied. Aujourd’hui c’est impossible, car il est devenu un ravin de cinq mètres de profond avec une ouverture de dix mètres en haut. On n’a jamais labouré la pièce, encore moins travaillé trop près du cours d’eau. C’est carrément dangereux. Pourtant le sol est parti peu à peu…parti vers le cours d’eau. Cette terre fait probablement partie de la problématique du surplus de dépôt de terre à l’extrémité de notre bassin versant. Plus de huit heures de travail avec une pelle et un gros camion de douze roues qui ne cesse de déverser de la terre pour obstruer le ravin et construire une rétention d’eau qui aura plusieurs fonctions : arrêter la perte de sol, maintenir les sédiments et emmagasiner de l’eau pour diminuer la pression sur le cours d’eau (voir la vidéo)

Étant donné qu’on était tout excité d’avoir déjà aperçu une tortue qui s’y était aventurée, aussi bien essayer de leur favoriser l’accès. Une fois qu’on passe l’étape de garder de l’eau, pourquoi ne pas favoriser la présence de poissons et autre faune diverse? Maintenant la phase modelage est terminée. Reste à végétaliser et à planifier comment on veut gérer l’espace pour transformer la petite pointe en une véritable zone imbibée de biodiversité. Une chance qu’on a eu de l’accompagnement et de l’aide financière pour réaliser les travaux. Ça représente quand même des coûts nets pour nous. On appelle ça à la blague notre contribution en nature!

Il nous reste probablement deux ans additionnels avant que tout soit réellement à notre gout. Un beau projet qui avance à pas de tortue, mais qui aura de réelles répercussions à long terme sur notre bassin versant.

 

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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