Virus printanier

Perspectives économiques moroses : oui, non? On s’en fout, on veut semer! Quoi? C’est déjà décidé depuis longtemps. Printemps tôt, printemps tard, aucune importance, il faut semer. J’ai 37 saisons d’expériences heureuses et moins heureuses. Je me suis toujours dit que l’expérience, il faut parfois payer pour l’avoir. De toute façon, je n’ai jamais connu une saison sans été. Beau ou pas beau, ça c’est une autre histoire, mais je vais faire avec. À l’aube de notre 37e saison officielle, je suis tout aussi excité qu’à mes débuts. Plus je suis excité, plus je mange. J’ai faim! J’enrage! Ma conjointe vous dirait que je mange comme un défoncé. Arrête! Tu vas exploser! On dirait que je fais des réserves pour un grand voyage.

Ça approche, seulement deux belles journées de beau temps et le sol commence à changer de couleur. Je tourne autour de l’atelier, mais j’ai hâte de faire quelque chose aux champs. N’importe quoi. Inspecter mes sorties de drains, faire le tour des bandes riveraines ou la tournée des ponceaux. L’épandeur d’engrais est déjà chargé, prêt à intervenir dans le blé hiver dès que le sol va le permettre. Enfin, je peux faire baisser l’adrénaline en allant semer notre trèfle dans le blé hiver. Rien de spectaculaire. Un peu froid, mais une fois habillé comme un ours, je me fais bronzer au soleil en observant le blé. Woups, j’apprends que Renaud est sauté dans le champ. Ses voisins aussi. Attention au virus printanier qui court, il est très contagieux!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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