La récolte d’une décennie dans le blé d’automne

La récolte d’une décennie dans le blé d’automne

Fait exceptionnel, toute la province devrait enregistrer de bons, voire de très bons rendements pour le blé d’automne selon Denis Marois, coordonnateur au Réseau Grandes cultures du Québec (RGCQ). Le coordonnateur tire cette conclusion des observations qu’il a pu faire dans les différentes parcelles de la province. Si les résultats chiffrés ne sont attendus que la semaine prochaine, il constate que la survie à l’hiver a été très bonne partout au Québec, ce qui augure de très bons résultats. « C’est valable pour toutes les zones du Québec, ce qui arrive environ une année sur dix, même dans la région de Montréal où c’est habituellement plus difficile pour le blé d’automne. »

M. Marois observe que le blé d’automne a bénéficié d’un bon ancrage dans le sol lors de son implantation, ce qui lui a permis d’aller chercher l’eau en profondeur au printemps, ce qui a manqué au blé de printemps. À cela s’ajoute des conditions hivernales favorables qui ont mené à une bonne survie à l’hiver. Toutes les zones ont reçu suffisamment de neige pour de très bons résultats pour 2021, note-il.

Malgré l’absence de maladies et d'insectes, le portrait est tout autre pour les céréales de printemps. Le coordonnateur du RGCQ s’attend à des résultats allant de moyens à médiocres. Tout comme en 2020, la sécheresse du printemps est à pointer du doigt pour une récolte qui s’annonce décevante. « Les résultats devraient dépendre de la pluviométrie qui a été très variable selon les zones. »

Si les essais semblent moins bons dans la région de Montréal, les champs situés en Beauce, par exemple, ou au Saguenay semblent mieux s’en tirer. Questionné à savoir si les rendements pourraient ressembler à ceux de 2020, M. Marois dit s’attendre à des résultats peut-être encore moins bons cette année. « Ça pourrait être pire qu’en 2020, mais pas beaucoup mieux. »

Johanne van Rossum, productrice de grandes cultures en Montérégie, arrive à un constat semblable après avoir terminé la semaine dernière sa récolte de blé de printemps. « Les rendements sont très moyens ( entre 3,5 et 4 t/ha), malgré un semis hâtif au printemps.  Les précipitations de la fin avril suivies du temps sec de mai et juin ont hypothéqué la formation des épis et le tallage. La longueur de la tige a également été affectée par le temps sec et la paille est très courte. » Reste à voir ce que donneront les tests de qualité, mais la productrice est optimiste. « La qualité visuelle des grains semble toutefois bonne. » 

Pour les autres céréales, il faudra attendre encore un peu. Selon les premières observations de M. Marois, l’orge se débrouillerait pas trop mal, suivie de l’avoine. Le blé semble donc être, pour l'instant, la petite céréale à avoir pâti le plus de la sécheresse.

Selon le rapport sur l'état des cultures de la Financière agricole en date du 3 août, la récolte des céréales d’automne était terminée en Montérégie pour les secteurs de Châteauguay et de Saint-Jean-sur-Richelieu ainsi qu’en Outaouais. Elle était toujours en cours dans les autres régions. Le rendement prévu se situe dans la normale ou supérieur dans la majorité des régions, tandis que la qualité est prévue dans la normale. La récolte des céréales de printemps avait débutée dans les dates ou en avance dans les régions du Centre-du-Québec, de Lanaudière, des Laurentides et de Laval, de la Montérégie et de l’Outaouais. Au début du mois, 5% de la récolte de blé était terminée pour la province et 3% pour l'orge. Les céréales d'automne était récolté à 51%.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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