Le Manitoba, nouvel eldorado de l’Amérique du Nord?

Le Manitoba a franchi le cap du million d’acres cultivés en soya en 2015, une progression qui est constante depuis quelques années, tout comme la culture du maïs. Les regards se tournent donc vers la province et son potentiel de culture. Les interrogations sont nombreuses puisque selon certaines estimations, le Midwest américain devrait souffrir du réchauffement de la planète avec des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus intenses. Au dernier congrès de l’UPA, les experts ont d’ailleurs indiqué que les cultures avaient gagné neuf jours de croissance au Québec.

Les agronomes du Manitoba, réunis lors d’une conférence, ont exploré la question mais ont convenu que des rendements tels que ceux de l’Iowa demeurent inaccessibles pour le moment. Bien que le Manitoba ait doublé sa superficie de terres cultivées en soya dans quatre dernières années, l’Iowa la dépasse largement avec ses 10 millions d’acres. Les rendements moyens de soya dans l’État se situent entre 45 à 50 boisseaux l’acre dans les régions du nord, un rendement qui monte de 50 à 60 boisseaux dans le sud. En comparaison, le rendement moyen sur 10 ans au Manitoba est de 33 boisseaux à l’acre.

La période de culture est aussi plus longue avec un semis qui se termine environ de la fin avril au début mai alors que la récolte se produit fin septembre, début octobre. Les cultures ne sont aussi que très rarement affectées par le gel.

Là où le Manitoba détient un avantage est l’humidité plus faible en période de croissance. La province reçoit près de la moitié moins d’eau qu’en Iowa. Certaines maladies fongiques qui sévissent dans l’État américain sont donc absente ici. Et si la pluie tombe en fin de période de croissance au moment où les fèves se remplissent, les rendements pourraient augmenter. Une histoire qui est donc à suivre.

Source: Country Guide

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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