Le temps doux, une malédiction pour les cultures?

Les records de chaleur tombent les uns après les autres depuis le début de décembre et si la tendance se maintient, il est presque assuré que Noël sera vert cette année. Certains météorologues prévoient même plusieurs degrés au-dessus de zéro pour le temps des fêtes. Soumis à un environnement inhabituel, certains végétaux sortent même de leur dormance hivernale.

« Je travaille depuis 1992 dans le milieu et c’est la première fois que je vois un hiver comme celui-là », mentionne Christian Duchesneau, agronome chez Synagri. Au moment de l’entrevue, il venait tout juste d’avoir un appel de producteurs du sud de l’Ontario où des cultures ont repris leur croissance.

L’agronome est d’avis que si le temps doux se poursuit, les dommages pourraient être nombreux, surtout pour les fourragères. « Si les végétaux sortent de dormance et qu’il y a un gel par la suite, les cultures pourraient être très affectées, comme dans le cas d’eau en surface qui gèlerait subitement ». Les prairies de luzerne seraient les plus susceptibles d’être endommagées, suivi du dactyle parmi les graminées. « La luzerne a besoin de neige pour passer l’hiver », précise M.Duscheneau. L’ensemble des graminées devraient par contre s’en tirer assez bien en cas de gel, puisqu’elles sont plus résistantes. C’est la même chose pour le blé d’hiver qui a une bonne capacité à résister au gel.

Il faudra être particulièrement vigilant au printemps si le temps doux perdure et aller constater les dégâts le plus rapidement possible, le cas échéant. « Il faudra prendre les moyens pour contrer les dommages, comme resemer pour empêcher la propagation des mauvaises herbes dans les zones où le gel a causé des dommages. » Et si les deux derniers hivers avaient fait la vie dure aux insectes avec des températures sibériennes, il risque d’en être tout autrement pour les cultures en 2016.

À plus long terme, l’agronome indique qu’il faudra peut-être repenser les mélanges utilisés ou d’une manière plus large, revoir la manière de faire les choses. La régie des parasites et autres demandera plus d’attention. « Le réchauffement climatique pourrait faire en sorte que des insectes ou des maladies qu’on ne voyaient pas avant font faire leur apparition. Plusieurs sont content d’observer le manque de neige mais il faut penser aux impacts de ces changements climatiques sur le secteur agricole ».

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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