L’érosion coûte des milliards aux producteurs

La dégradation des sols est toujours un enjeu de taille, estime le chercheur David Lobb de l’Université du Manitoba. La preuve? Selon ses estimations, la détérioration de la santé de la santé des sols a coûté de 40 à 60 milliards de dollars entre 1971 et 2011.

Les dernières recherches de M. Lobb s’appuient sur des données qui montrent l’impact de la dégradation des sols sur le rendement. Il s’est aussi penché sur différents problèmes de santé du sol tels que l’érosion et la salinité, de 1971 à 2011. Il a de plus colligé les rendements et les prix des cultures pour toute la période étudiée. C’est en combinant toutes ces informations qu’il a estimé combien la dégradation des sols avait coûté aux agriculteurs.

En 1971, le chercheur estime que 63,2% des terres cultivées s’érodaient lentement en perdant environ 5,9 tonnes de sol par hectare chaque année. L’autre proportion de 36,8% était considérée comme des sols s’érodant rapidement et qui perdaient 24 tonnes de sol par hectare et année. Cette équation donnait une perte de 0,5% de rendement pour les sols à faible érosion contre 17% pour les plus affectés. En dollars, la perte équivalait à 960M$, en dollars de 2016, chaque année.

En 2011, la perte estimée avait triplée à 3,1G$ par année, malgré une diminution des sols considérés à risque. La proportion de sols à faible érosion constituait 90,5 des terres arables, avec des pertes de 3,5 tonnes de sol par année. Les sols à risque élevé représentaient 9,5% des terres et des pertes de 22,7 tonnes par année.

M.Lobb attribue le bond de la valeur des pertes attribuées à la dégradation des sols par le fait que la valeur des cultures a augmenté, ce qui fait que la perte de rendement est encore plus couteuse que par le passé. Mais surtout, la dégradation des sols est cumulative, un fait trop sous-estimé, selon le chercheur. Les sols plus faiblement affectés par l’érosion affichaient encore 0,5% de pertes de rendement en 2011, tandis que les pertes de rendement grimpaient à 60% pour les sols les plus atteints.

Présentée lors d’une conférence en novembre dernier, l’étude de M.Lobb montrait une image de la situation pour l’ensemble du pays. Des démarches ont toutefois débuté pour effectuer des recherches locales. L’Université de Guelph, ainsi que le Conseil de conservation des sols du Canada, souhaitent réaliser des travaux en commun afin d’estimer le coût de la dégradation des sols pour des zones précises au cours de la prochaine année.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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