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Les multicultures plus productives

Bien que les monocultures sont un moyen de cultiver efficacement, elles sont considérée comme étant tout sauf durable. Malgré leurs inconvénients, les monocultures demeurent la forme de culture principale et sont considérés comme la seule possibilité d’obtenir des rendements plus élevés en production végétale.

Un professeur en environnement à l’Université de Zurich, Bernhard Schmid, estime que cette perception est fausse et prône une nouvelle forme d’agriculture et de la foresterie. Selon une recherche récente utilisant les plantes en prairies, les rendements de communautés végétales diversifiées sont plus grandes que celles de la monoculture.

Dans une étude menée sur 10 ans, une équipe de chercheurs de la Suisse, l’Allemagne et des Pays-Bas a examiné les rendements des plantes fourragères qu’ils avaient cultivées en monocultures ou en communautés végétales mixtes. Étonnamment, ce dernier s’est avéré être plus productif que les monocultures. “En raison de leur diversité, les espèces végétales dans les communautés occupent tous les créneaux disponibles dans un écosystème. Cela leur permet d’utiliser les nutriments du sol, de la lumière et de l’eau beaucoup plus efficacement que les monocultures, ce qui conduit finalement à des rendements plus élevés», explique l’étude.

Un autre avantage: il y a moins de pression de la part des parasites sur les plantes de communautés diversifiées que sur celles des monocultures. En d’autres termes, un parasite peut se propager moins efficace car il est incapable de trouver sa plante hôte spéciale aussi facilement dans un monde végétal biodiversité. Les différentes espèces végétales agissent donc comme des boucliers de protection pour l’autre. Cette protection mutuelle au sein du groupe permet aux plantes individuelles à investir les ressources disponibles dans la croissance et la production de la progéniture au lieu de la lutte antiparasitaire. «La diversité offre une protection contre les ravageurs et est une condition préalable à des rendements plus élevés dans les communautés végétales», indique l’étude.

De plus, les chercheurs ont découvert que les espèces s’adaptent à leurs communautés végétales en l’espace de quelques générations. Cette adaptation conduit à une augmentation continue du rendement des cultures dans des champs diversifiés, une possibilité qui n’était pas inattendu.

Dans ce processus d’adaptation, les différentes espèces se spécialisent dans leurs forces et améliorent ainsi l’utilisation complémentaire des ressources dans la communauté végétale par un processus appelé déplacement. Par exemple, les gramninés ont développé des feuilles plus épaisses, qui sont en mesure d’utiliser la lumière du soleil directe dans la couche supérieure d’une prairie alors que les espèces de trèfle ont fait pousser des feuilles plus grandes mais plus mince pour absorber plus efficacement la lumière plus faible près du sol .L’étude prône ainsi à pousser davantage la recherche vers des moyens de cultures diversifiées. L’agriculture durable est ainsi appuyée puisque les cultures en mélanges nécessitent moins de luttes antiparasitaires et d’utilisent plus efficacement les engrais.

Source: Nature

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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