Bœuf Québec : les producteurs de veaux d’embouche et de bouvillons doivent travailler ensemble

Face aux demandes pressantes des acheteurs de viande, en particulier La Cage – Brasserie sportive, Bœuf Québec a dû démarrer rapidement. Il manque toutefois un maillon : la naissance des veaux. Pour s’assurer que la viande portant le logo Bœuf Québec soit issue de bovins nés et engraissés au Québec, il faudra passer à l’étape suivante : faire travailler ensemble les producteurs de veaux d’embouche et de bouvillons.

Cette tâche s’annonce un réel défi. « Quand j’ai parlé de faire travailler ensemble les producteurs de veaux d’embouche et de bouvillons, je me suis fait dire que ce serait plus difficile que de démarrer Bœuf Québec », raconte le directeur général de la Société des parcs d’engraissement du Québec, Jean-Sébastien Gascon.

La rivalité entre les deux groupes persiste depuis de nombreuses années. Les uns veulent recevoir le meilleur prix pour leurs veaux. Les autres veulent payer le moins cher possible.

« Chacun fait sa petite affaire. Si on travaille comme ça, on ne peut pas réussir », dit Marie-Claude Michaud de la Fibre alimentaire qui a travaillé à la mise en place de Bœuf Québec.

Le défi ne semble pourtant pas insurmontable. Dans les parcs d’engraissement du Québec, 75% des veaux engraissés sont nés au Québec.

Pour créer l’habitude chez ces deux groupes à travailler ensemble, la Société des parcs d’engraissement a invité les producteurs de type vache-veau à participer au lancement de Bœuf Québec le 8 mars dernier. Une journée technique réunissant les deux groupes a même eu lieu le lendemain.

Lors du lancement de Boeuf Québec, toute la filière bovine était représentée.

Le président du comité mise en marché des veaux d’embouche aux Producteurs de bovins du Québec et producteur de veaux d’embouche au Saguenay, Jean-Thomas Maltais, y croit. « Il faut s’asseoir, dit-il. Dans le futur, nous allons améliorer la communication dans la fillière. C’est un gros enjeu. J’en ai fait une priorité. »

Un autre producteur de veaux d’embouche qui souhaite une meilleure collaboration, c’est Réal Carrier, le président de Viandes sélectionnées des Cantons. Son groupe fournissait les veaux et les bouvillons jusqu’à la faillite de l’abattoir Viandes Laroche à l’automne 2015. « D’après moi, c’est historique ce que l’on fait, dit-il. Il faut arrêter d’être individualistes. » Son groupe fournira éventuellement la filière sans antibiotiques de Bœuf Québec.

Ce défi n’est donc pas insurmontable. « L’idéal de la marque, c’est un bœuf né, engraissé, abattu et transformé au Québec », explique Marie-Claude Michaud. Pour trouver sa place, le produit Bœuf Québec doit être compétitif. Pour y arriver, la gestion de la chaîne de valeur est nécessaire. Pour cela, elle doit rassembler tous les acteurs de la filière.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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