Diminuer les risques du piétin d’Italie

La maladie de Mortellaro, la dermatite digitée ou le piétin d’Italie sont tous synonymes de la même maladie. Cette affection contagieuse de la peau des pieds des bovins décourage souvent les éleveurs aux prises avec ce problème.

Selon une récente étude ontarienne, cette dermatite serait observée dans 97 % des troupeaux logés en stabulation libre et 70 % des troupeaux en stabulation entravée. Dans un article récent, la docteure française Anne Relun, spécialiste de cette maladie, identifie les facteurs de risques de ce problème d’actualité.

Des onglons sales et humides

L’humidité fragilise la peau entourant la couronne des pieds des bovins. De plus, la présence de matière fécale sur les pieds procure un environnement exempt d’oxygène, propice au développement des agents bactériens de cette maladie. Les enclos paillés, souvent utilisés pour le tarissement des vaches, favorisent moins le développement de ce piétin que les autres types de logement. L’effet nettoyant de la paille sur les onglons pourrait expliquer cette situation.

Les planchers lattés seraient aussi moins à risque que les planchers pleins (rainurés ou non). Lorsque les lattes sont nettoyées par un robot ou une raclette, le risque de dermatite est divisé par deux. Puisque la propreté des onglons est essentielle pour prévenir cette dermatite, un raclage fréquent des allées de déplacement et d’alimentation réduit sa prévalence dans les troupeaux.

Si l’alimentation est mal équilibrée et conduit à l’apparition d’acidose, le fumier devient plus liquide et a une texture qui colle plus facilement aux onglons, ce qui accroît également le risque d’apparition de ce piétin.

Proportion d’animaux atteints

C’est un facteur de risque aussi important que la malpropreté des pieds. Plus il y a d’animaux atteints par la maladie, plus le risque de développer le problème augmente. La mise en place d’un programme de détection des lésions facilite l’identification précoce des animaux infectés. Plus les lésions sont traitées tôt, plus les vaches guérissent rapidement.

La rechute est cependant possible, car l’acquisition d’une certaine forme d’immunité contre ce problème est faible. Les lésions de plus de 2 cm sont particulièrement contagieuses et douloureuses. La maladie se déplace d’un animal à l’autre par le biais des morceaux de peau et de chair qui se détachent des pieds des vaches infectées pour ainsi contaminer les vaches saines. La bactérie est rapidement détruite en présence d’air et se propage uniquement dans un milieu humide et souillé.

Parage des onglons

Certaines vaches sont plus sensibles que d’autres à ce problème. Par contre, l’héritabilité de cette dermatite est faible, ce qui rend son élimination difficile par la sélection génétique. La race Holstein serait plus sensible à cette affection que les autres races. Les primipares sont particulièrement à risque, de même que les fortes productrices et celles qui sont à leur pic de lactation.

Il est essentiel de ne pas négliger le parage régulier des onglons qui redonne une bonne orientation aux pieds, ce qui aide à limiter le contact du talon avec les matières fécales. La détection des animaux atteints, principalement pour les lésions localisées sous le pied, en est facilitée.

Article d’Alain Fournier

Source : PLM

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires