Nouvelle piste sur l’origine de l’ESB

Les connaissances avancent sur la maladie de la vache folle

Le mystère qui plane sur l’origine de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), apparue pour la première fois en 1986 au Royaume-Uni, est en passe d’être mis à jour.

Des chercheurs de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) pensent avoir établi l’origine possible de la maladie de la vache folle, un résultat qui montre selon eux l’importance de maintenir les mesures de précaution en vigueur pour éviter une réémergence de cette maladie.

L’ESB appartient à la famille des maladies à prions, des maladies neurodégénératives qui existent chez de nombreux autres animaux (tremblante du mouton) comme chez l’être humain (maladie de Creutzfeldt-Jakob). Les prions, des protéines qui peuvent devenir pathogènes en adoptant une forme anormale, sont différents dans chaque espèce.

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Après avoir réalisé des expériences sur des souris, les chercheurs ont montré non seulement que cette maladie avait la capacité de franchir la barrière des espèces mais que les rongeurs transgéniques développaient l’ESB, selon leur article publié dans la revue scientifique américaine PNAS.

“Ces résultats s’expliquent par la présence de faibles quantités d’ESB classique” de façon naturelle dans les prions d’AS, indique l’INRA dans un communiqué. “Pour la première fois, ces données apportent une explication expérimentalement étayée à l’apparition” de la maladie de la vache folle au milieu des années 1980 au Royaume-Uni.

L’ESB s’est ensuite propagée parmi les bovins dans “toute l’Europe, l’Amérique du Nord et de nombreux autres pays”, vraisemblablement par le biais de leur alimentation qui comportait des farines de carcasses et d’abats d’animaux (bovins ou ovins) atteints d’encéphalopathie spongiforme.

L’exposition de consommateurs à des produits issus de bovins infectés par l’ESB a été à l’origine de l’émergence d’une forme variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Des mesures ont été mises en place pour limiter la transmission chez l’homme.

“Ces mesures sont toujours en place, mais elle coûtent très cher”, ce qui pousse les industriels et certains responsables sanitaires à à les réduire ou les arrêter, “pour recommencer à recycler ces protéines de bonne qualité” au lieu de les jeter, y voyant une alternative à l’importation de soya, observe Olivier Andreoletti, chercheur à l’INRA.

Mais “s’il y a une source avérée d’ESB, le fait de recommencer ces pratiques non vertueuses” fait courir le risque de voir réémerger la maladie, avertit le chercheur.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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