Pâturage d’automne, pâturage sucré

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Pierre-Luc et Mario Leblanc.

Les conseillers du MAPAQ au Centre-du-Québec ont entrepris en 2012 un projet de pâturage d’automne pour engraisser des veaux d’embouche et des bouvillons. Le principe est le suivant. Par temps froid, soit moins de 20 ºC, les herbages accumulent plus de sucres dans leurs tissus et font moins de fibres. Il en résulterait une prise alimentaire très élevée et par le fait même un gain de poids élevé, puis une finition des bouvillons au pâturage plus facile et sans grain.

Une recherche entreprise au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault en 2010 a donné de très bons résultats en ce sens. Du 15 septembre au 8 décembre 2010, les veaux sont passés de 454 livres à 712 livres (206 kg à 323 kg), soit un gain moyen de 3,4 livres par jour (1,54 kg/jour).

Les résultats obtenus cet automne à la ferme Leblanco étaient très bons en début d’automne, mais décevants par la suite. Du 8 septembre au 13 octobre, les veaux sont passés de 525,8 livres à 607,5 livres (238,5 kg à 275,6 kg) pour un gain de 2,33 livres par jour (1,06 kg/jour). Considérant l’adaptation au sevrage, ce résultat est très satisfaisant, autant pour l’équipe du MAPAQ que pour les frères Leblanc. La pesée suivante a par contre révélé un gain de 1,56 livre par jour (0,71 kg/jour) entre le 13 octobre et le 17 novembre, un résultat décevant pour les trois frères Leblanc. Le gain du 8 septembre au 17 novembre est cependant intéressant, 1,95 livre (0,88 kg/jour). À partir de la naissance, le gain est de 2,54 livres par jour.

« Je trouve que ces gains (1,95 livre et 2,54 livres) sont intéressants », dit l’agronome Véronique Poulin du MAPAQ au Centre-du-Québec, qui participe au projet. Une visite à la ferme après la pesée du 17 novembre lui a permis de constater que les veaux ont laissé passablement de refus dans la parcelle de fétuque. Il est possible que les veaux n’aient pas aimé la fétuque à laquelle ils n’étaient pas habitués et qui était plus mature. Il est aussi possible que le trèfle ladino, très présent dans les trois autres parcelles, ait perdu une partie de son feuillage après le gel. Cette situation n’était pas arrivée à Deschambault en 2010. Le pâturage utilisé à partir de la mi-octobre était composé principalement de jeunes graminées.

Le projet continuera en 2013 avec plus d’entreprises bovines. La région de la Mauricie en fera également partie. Une telle implication est importante pour améliorer la rentabilité des entreprises bovines. « Ce n’est pas juste de faire du pâturage d’automne, explique l’agronome Alain Fournier du MAPAQ au Centre-du-Québec. C’est un gain économique. C’est ça qu’on veut promouvoir. » Pour cela, l’équipe du MAPAQ souhaite mieux comprendre comment bien réussir le pâturage d’automne, avec la collaboration d’entreprises comme la ferme Leblanco. Ils pourront ainsi approfondir les concepts et relier la théorie à la pratique.

Pour en connaître davantage sur la régie des pâturage à la ferme Leblanco, lisez l’article Au pâturage les bovins! dans Le Bulletin des agriculteurs de février 2013.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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