Des regroupements d’agriculteurs exhortent le ministre de l’Agriculture à révoquer l’enregistrement des variétés de luzerne GM

« La culture de luzerne GM risque de contaminer par la pollinisation croisée les autres plants de luzerne qui poussent dans les fossés et pâturages sur des distances importantes, ainsi que les luzernières voisines, dont celles certifiées biologique », déclare Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles. « Un autre élément important est la demande du marché pour des aliments transformés sans OGM ou d’aliments provenant d’animaux qui ne consomment pas d’OGM. Il est donc primordial que les producteurs bio ou ceux engagés dans le marché sans OGM ne subissent pas de préjudices causés par la commercialisation de luzerne GM dont on ne peut hors de doute contenir la propagation », ajoute M. Groleau.

La lettre envoyée au ministre demande de :

  • Révoquer l’enregistrement des variétés de luzerne GM;
  • Créer un registre public des plantations de luzerne GM;
  • Analyser les importations de semences de luzerne cultivées aux États-Unis.

« Du fait que nous cultivons, traitons et commercialisons la luzerne, nous comprenons les risques et les conséquences inacceptables de la contamination OGM. Si cette question reste sans réponse du ministre, nous payerons tous le prix », mentionne Peter Eggers, producteur de luzerne de l’Alberta et administrateur de l’Union nationale des fermiers (National Farmers’ Union). « Nous représentons l’industrie canadienne de la luzerne et il est temps pour le gouvernement fédéral d’évaluer l’impact économique de ses décisions sur notre secteur. »

« Nous ne sommes pas opposés à la technologie du génie génétique de manière globale, mais nous sommes très préoccupés par les impacts économiques que la luzerne GM aurait sur les producteurs de semences de luzerne et l’ensemble du secteur des semences de plantes fourragères, puisqu’il suffit d’une seule graine de luzerne GM pour qu’un lot de semences soit rejeté par un acheteur étranger », a déclaré Danny Limoges, administrateur de la Peace Region Forage Seed Association. « Nous demandons au gouvernement fédéral d’agir avant qu’il ne soit trop tard, afin d’éviter les pertes de marché pour nos membres. »

La luzerne présente un grand intérêt économique puisque les agriculteurs s’en servent pour fabriquer un éventail de produits selon différents procédés. Qu’elle soit destinée au marché intérieur ou à l’exportation, la luzerne est récoltée aussi bien à titre de fourrage que de semence. Elle entre dans la composition d’une panoplie d’aliments consommés au Canada et tient une place centrale dans les pratiques agricoles durables. La luzerne est la première vivace cultivée à faire l’objet de modification génétique et à être approuvée pour la vente au Canada. Ce fait, conjugué à d’autres réalités biologiques telles la pollinisation par les insectes, la taille des semences et la présence de peuplements de luzerne sauvage ou non cultivée, signifie que la contamination croisée de la luzerne non GM est inévitable.

« La luzerne GM doit être retirée du marché dès que possible », affirme Lisa Mumm, membre de l’Association pour le commerce des produits biologiques et propriétaire de Mumm’s Sprouting Seeds qui cultive et commercialise des pousses de luzerne pour la consommation humaine.

Par l’intermédiaire de distributeurs locaux, la compagnie Forage Genetics International (FGI) commercialise des variétés GM de luzerne avec des caractères génétiques de basse lignine et de résistance au glyphosate. En 2016, la société a vendu une quantité limitée de semences dans l’est du Canada et a l’intention de vendre à plus large échelle pour 2017.

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