Le 5 février dernier, je participais au Sommet sur l’eau à Saint-Hyacinthe. Plus de 200 personnes sur place, 40% de l’assistance venant du milieu agricole. Des élus municipaux, des gestionnaires de cours d’eau, des ingénieurs, des hydrogéomorphologues, des biologistes et autres. Tous des gens impliqués de près ou de loin et qui ont à cœur la bonne gestion des cours d’eau.
Un sommet qui nous a permis de faire du rase motte tout près du courant d’eau afin de discuter des enjeux terrain d’aujourd’hui. Oui, d’aujourd’hui. Parce qu’avec les nouveaux types de précipitations des dernières années, ça nous indique que ces évènements seront de plus en plus fréquents donc que la pression sur les cours d’eau agricoles sera de plus en plus grande.
Au menu : présentation de la réglementation en vigueur, panel avec des gestionnaires de cours d’eau de trois MRC, conférences sur l’hydrogéomorphologie et initiatives à la ferme (aménagements et pratiques concrètes pour améliorer la qualité de l’eau).
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Donc tout ça commence par des présentations sur la nouvelle règlementation qui arrive. Encore! J’avais déjà de la difficulté à comprendre l’ancienne! Et plus la journée avance, plus on redescend vers les actions terrains. La réalité des intervenants des MRC qui gèrent les cours d’eau. On entend des propositions qui pourraient simplifier et surtout raccourcir les délais d’intervention tout en gardant comme objectif de réussir des travaux de grande qualité et qui respectent les normes environnementales.
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Démonstration à la ferme
Et on arrive à la partie démonstration à la ferme. La première parle de comment le producteur utilise les contrôleurs de nappe, la deuxième explique les avantages d’un système de culture en semis direct sur couvert végétal. J’étais le dernier du groupe: 20 minutes chrono pour expliquer les deux projets chez nous, soit de l’évolution et les performances de notre bassin sédimentaire en plus d’un nouvel aménagement d’un cours d’eau avec chenal à deux niveaux.

Je me prépare. Un peu nerveux et je sais déjà que je suis serré pour réussir en 20 minutes. C’est parti. Malgré un retour de son la présentation avance bien. Hum, ça va être serré! On me présente mon petit carton une minute. Ça devrait aller. Et j’arrive à la dernière photo que j’avais insérée pour illustrer qu’on faisait tout ce travail pour la génération future. Une image qui me parle, qui me rappelle du pourquoi et pour qui on gosse jour après jour.
Pourquoi? Pour faire mieux! Les gens semblent attentifs. Je suis le dernier! J’étire un peu. Je contiens mon émotion et j’explique qu’en général les agriculteurs veulent bien faire les choses. J’ai souligné que les projets inspirants qu’ils venaient de voir avaient été faits, imaginés, réalisés sans barrières de règlements qui s’alignent un à la suite de l’autre. Je déteste les règlements!
On a réussi ces aménagements avec des gens qui nous ont accompagnés. On a besoin d’eux pour nous accompagner. Et non pas pour nous punir. Ou pour nous trouver une case déjà inscrite dans les règlements afin de réussir à accepter un projet déjà bien ficelé au départ. Pourquoi perdre tout ce temps et surtout cette énergie quand tout semble déjà bien préparé?
Je fais déjà 100 heures par semaine. Pas le goût d’en faire 10 de plus. Notons aussi qu’à chaque fois qu’on marche un cours d’eau ou qu’on monte un dossier de nettoyage, la seule personne qui n’est pas payé, c’est l’agriculteur. Encore une fois une preuve que ça lui tient à cœur et qu’il souhaite des résultats le plus vite possible.
Profession agriculteur
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