Les candidats à la chefferie de la CAQ se prononcent sur l’agriculture

Publié: il y a 1 heure

Bernard Drainville et Christine Fréchette, candidats à la chefferie de la CAQ.

La taxation carbone, la bureaucratie et l’environnement sont quelques-uns des thèmes repris par Christine Fréchette et Bernard Drainville dans leurs campagnes respectives visant à remporter la chefferie de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et ainsi devenir première ou premier ministre du Québec.

Chacun des deux députés s’est prononcé sur ses priorités. Christine Fréchette a ciblé plus particulièrement la taxe carbone, la relève agricole, la place des aliments québécois dans les institutions publiques et le fardeau administratif.

Bernard Drainville a également établi dans ses priorités la taxe carbone, en ajoutant le regroupement des programmes et les allégements réglementaires.

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La taxation carbone

Christine Féchette s’engage à rembourser intégralement la taxe carbone, une promesse aussi tenue par Bernard Drainville. Ce dernier précise que le remboursement se fera de manière équitable entre tous les secteurs agricoles.

L’ancienne ministre de l’Économie met l’accent sur le contexte actuel de la guerre en Iran, ainsi que les hausse de l’inflation et du coût des terres, qui ont pesé sur les finances des producteurs agricoles.

La taxe ne serait pas toutefois remboursée rétroactivement par les deux candidats, comme le demande l’UPA qui réclame les 150 M$ versés dans la taxation depuis 2014.

Relève agricole

Chistine Fréchette indique qu’elle bonifierait de 30% le Programme d’appui financier à la relève agricole à 65 000$. « Il s’agit d’une hausse significative alors que de mémoire, il n’y a pas eu de hausse pour ce programme depuis 2013 », précise la candidate en entrevue avec Le Bulletin. Elle souhaite que cette mesure encourage davantage de jeunes à prendre le relai et à s’investir en agriculture.

Bernard Drainville n’a pas énoncé de promesses particulières pour la relève, mais déclare que le regroupement des programmes qu’il propose facilitera la vie des jeunes agriculteurs.

Allègement de la bureaucratie

L’UPA demande depuis longtemps d’alléger ce qu’elle appelle la paperasse, un fardeau qui nuit à la compétitivité du secteur.

Christine Fréchette dit vouloir poursuivre le travail entamé par le gouvernement de la CAQ en simplifiant les programmes gouvernementaux, tout en réduisant les formulaires et les incohérences entre ministères et les normes environnementales. Elle cite, entre autres, le MAPAQ, la CPTAQ et le ministère de l’Environnement. Elle souhaite que les producteurs passent moins de temps à ces tâches pour qu’ils puissent davantage contribuer à l’autonomie alimentaire du Québec.

Bernard Drainville vise à fusionner les programmes du ministère de l’Environnement en un seul programme pour plus d’efficacité, tout en limitant le nombre de formulaires et de rapports exigés aux entreprises. Ce geste devrait, dit-il, réduire les coûts et accélérer les processus.

Le député de Lévis veut mettre en place un allégement réglementaire dans les délais et les coûts pour les autorisations environnementales, ou encore pour les seuils qui déclenchent le processus du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Il a donné en exemple la règle des 150 mètres entre bâtiments ainsi que celle des 500 mètres pour le maintien des cours d’eaux, lors d’une rencontre organisée avec des producteurs agricoles sur les réseaux sociaux.

Bernard Drainville mentionne aussi l’ajustement des programmes à la réalité des régions périphériques qui est différentes de celles des régions centres.

Achat local et autonomie alimentaire

Christine Fréchette indique vouloir renforcer la présence des aliments québécois dans les écoles, les hôpitaux et les établissements publics. Tout en admettant que la mesure aurait un coût, cette dernière aurait l’avantage de rapporter au secteur agricole et à l’économie québécoise. La députée de Sanguinet appliquerait des mesures graduelles et réalistes, en passant d’un mode basé sur l’invitation à un mode obligatoire auprès des institutions.

Bernard Drainville met également l’accent sur l’autonomie alimentaire en encourageant l’achat local par les institutions.

Gestion de l’offre

Les deux candidats s’engagent à appuyer la gestion de l’offre. Bernard Drainville, qui vient d’un milieu agricole, dit vouloir défendre la gestion de l’offre intégralement dans le cadre du renouvellement de l’ACEUM.

Pour Christine Fréchette, le respect de la gestion de l’offre est non négociable. « Je m’engage à la protéger intégralement (…) La gestion de l’offre est là pour rester », a-t-elle indiqué en entrevue. Elle dit avoir l’intention de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement fédéral lors des prochaines négociations sur l’entente de libre-échange avec les États-Unis, tout en indiquant avoir des échos positifs d’Ottawa.

Territoire agricole

Bernard Drainville a souligné l’importance de protéger le territoire agricole. Lors de l’entretien avec des agriculteurs, il a parlé des 2% de superficies de la province dédiées aux terres agricoles, sans toutefois mentionner de mesures particulières pour les protéger.

Christine Fréchette indique qu’il faut trouver le juste équilibre entre les impacts sur le territoire agricole et le développement énergétique pour le Québec. Une cohabitation est possible selon elle. Les divers projets peuvent signifier des revenus supplémentaires pour les producteurs agricoles. Il n’est pas question de sacrifier des terres de premier niveau, mais d’autres terres moins propices à l’agriculture pourraient se prêter à des projets face aux grands défis énergétiques qui se profilent, dit-elle.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Céline Normandin

Céline Normandin

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.