Gestion 4B des fertilisants: des économies potentielles laissées aux champs

De 45 à 55% des producteurs épandent la même formule fertilisante dans tous leurs champs de maïs-grain

Publié: il y a 1 heure

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Gestion 4B des fertilisants: des économies potentielles laissées aux champs

« La population mondiale devrait augmenter de 2 milliards d’individus dans les 40 prochaines années. En conséquence, on estime que la production alimentaire devrait augmenter de 70 % afin de répondre aux besoins », a présenté en ouverture de vidéo-conférence Simon North, agrologue et CCA, de Fertilisants Canada, lors d’une activité organisée par Réseau Végétal Québec le 27 mars dernier à St-Charles-sur-Richelieu.  

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Pour y arriver de façon durable, l’approche de gestion des nutriments 4B s’inscrit dans une démarche pour maximiser l’efficacité au champ des fertilisants tout en garantissant le maintien des rendements, en réduisant les pertes et l’empreinte environnementale. En prime, la santé des sols s’en trouve améliorée, donc leur fertilité intrinsèque. Cette méthode vise une fertilisation avec la bonne source, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit (les 4B).  

Plus précisément, la bonne source tient compte d’un apport équilibré entre les apports fertilisants. La bonne dose tient compte de toutes les sources fertilisantes et des besoins de la plante. Le bon moment tient compte de la dynamique entre l’utilisation par la plante et la disponibilité réelle des nutriments, tout en considérant les risques de pertes. Le bon endroit est celui qui prend en compte le développement racinaire de la culture. 

De la place pour l’amélioration 

Personne n’est contre la vertu et le tout semble évident ! Or, un sondage mené de 2022 à 2024 par Fertilisants Canada démontre que 45 à 55% des agriculteurs canadiens épandent la même formule fertilisante dans tous leurs champs de maïs-grain. De 40 à 48% ajustent leur fertilisation champ par champ et de 6 à 10% l’appliquent à taux variable.  

D’un autre côté, alors que 57% des agriculteurs sondés croient que leur plan de fertilisation suit les principes de l’approche des 4B, seuls 26% affirment avoir travaillé avec un conseiller dûment certifié en Gestion des nutriments 4B. Et en fait, 6% ont un plan 4B en place, ce qui représente près de 3,3 millions d’hectares de superficie cultivée au Canada (plus de 283 000 ha au Québec). 

Des témoignages qui parlent 

Dans la vidéo ci-dessous réalisée par Réseau Végétal Québec et dans les capsules des Producteurs de grains du Québec, vous pourrez voir des témoignages inspirants, notamment de Marie-Claude De Martin (Ferme AJIRO), de Guillaume Alix (Ferme Prolix), de David Gasser (Ferme Gasser) et de Pierre-Alain Provost (La Ferme des 4 Saisons Ltée), qui expliquent rapidement ce qu’est la gestion par les 4B et les impacts concrets qu’elle peut avoir sur la rentabilité et la profitabilité des fermes québécoises. 

En avril 2025, nous avons publié dans notre édition papier un article d’André Dumont, Bien équipés pour les 4B, qui relatait notamment que Ferme Gasser a économisé 40 tonnes d’azote minéral à sa première année en application à taux variable, soit l’équivalent d’un camion au complet! De l’azote qui ne s’est pas retrouvé dans l’environnement, et ce, sans baisse de rendement.

Qui adopte le programme ? 

Le programme national de Gestion des nutriments 4B (4R Nutrient Stewardship) repose sur des ententes provinciales en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et à l’Île-du-Prince-Édouard. Il existe des fermes de démonstration dans toutes ces provinces, en plus d’un réseau de recherche de près d’une quinzaine de chercheurs en science des sols de l’Alberta aux Maritimes.  

Le sondage pour l’utilisation des fertilisants est une initiative qui date de 2014 et inclut des producteurs de partout au Canada. 

On note que les fermes de plus grande dimension et les agriculteurs plus jeunes adoptent le programme plus volontiers, surtout s’ils travaillent avec un agronome ou un conseiller certifié en gestion des nutriments 4B.  

Un retour sur investissement pour tous

Ceux qui ont un plan en place affirment y voir de nombreux bénéfices, tant dans la qualité des sols que dans la disponibilité des éléments nutritifs. Ils y voient aussi un retour sur investissement important et sont conscients de bénéficier de conseils crédibles, basés sur la science. 

Les raisons évoquées par les agriculteurs sondés pour ne pas embarquer dans le programme des 4B étaient le manque d’information ou le manque d’accès à un conseiller certifié. On mentionnait aussi le manque de temps lors des chantiers de semis et le coût des équipements. 

Les principes 4B vous intéressent? Des formations existent, adaptées spécifiquement à vos besoins comme producteur ou intervenant. Visitez le site de Réseau Végétal Québec pour toutes les informations. 

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Emmanuelle Arès

Emmanuelle Arès

Emmanuelle Arès est éditrice au Bulletin des agriculteurs.