2e Colloque syndical sur l’industrie agroalimentaire au Québec

Montréal (Québec), 15 novembre 2002 – La CSN et ses organisations affiliées lancent un vaste chantier de réflexion en rendant publique une déclaration politique sur l’avenir des industries agroalimentaires au Québec. Cette
déclaration vise à alimenter les gouvernements, l’industrie, les producteurs
et transformateurs, les travailleuses et les travailleurs dans leur réflexion
sur l’avenir d’une industrie capitale pour l’économie québécoise. L’industrie
agroalimentaire, c’est 425 000 emplois, un PIB de 15,3 milliards de dollars,

soit 8 % de l’économie du Québec et des exportations qui progressent de près
de 12 % par année depuis 1996.

Au nom des membres qu’elle représente, travailleuses et travailleurs,
citoyennes et citoyens, et aussi consommatrices et consommateurs, la CSN
énonce dans cette déclaration sa vision de l’industrie agroalimentaire et sa
volonté de lui assurer un développement durable. Cette déclaration qui promeut
« le droit et le devoir d’alerte » constitue une première.

Agroalimentaire. environnement et droit d’alerte
Dans sa déclaration politique, la CSN affirme que les travailleuses et
les travailleurs doivent avoir un droit d’alerte de façon à ce que l’industrie
agroalimentaire soit respectueuse de l’environnement et des communautés qui en
dépendent.

Pour la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, « les travailleurs
constituent un maillon clé de la “chaîne alimentaire” québécoise. Par leur

travail quotidien, ils sont constamment sur la ligne de front, de la ferme
jusqu’au magasin. Créateurs de richesse, ils doivent être reconnus à ce titre
et ne pas être laissés dans l’angle mort de la vision des décideurs. Nous
croyons, à la CSN, que les travailleuses et les travailleurs devraient avoir
le droit et le devoir d’alerte, un droit qui devrait être protégé par la
réglementation de l’industrie agroalimentaire. »

La CSN affirme dans ce document que les travailleuses et les travailleurs
des industries agroalimentaires doivent avoir non seulement le droit d’alerte,
mais également le droit d’en exiger l’exercice lorsqu’ils considèrent que les
aliments qu’ils produisent ou transforment constituent un risque pour la santé
et l’environnement. « C’est un devoir de citoyen avant tout, un devoir de
respect envers la communauté », d’affirmer Claudette Carbonneau.

En ce qui a trait au développement des biotechnologies et des productions

transgéniques, la CSN croit qu’il doit être fait dans un souci de transparence
et du maintien d’une alimentation saine, et qu’il ne doit pas menacer la
biodiversité ni l’environnement.

Avenir des travailleuses et travailleurs et enjeux économiques
Dans leur déclaration, la CSN et ses organisations affiliées affirment
que les droits fondamentaux des travailleuses et des travailleurs, c’est-à-
dire le droit à des conditions de travail décentes, à un environnement de
travail sain et sans danger pour la santé et la sécurité, et le droit à la
syndicalisation sans entraves, sont des droits inaliénables. Les acteurs
doivent également travailler ensemble à préparer l’avenir en assurant
l’intégration des plus jeunes, le transfert des connaissances et des
conditions de retraite décentes pour les travailleurs plus âgés.

La CSN réaffirme par ailleurs que la propriété québécoise des industries
agroalimentaires doit être assurée par tous les moyens. Pour la présidente,
Claudette Carbonneau, « il faut garder en mains québécoises la propriété des
sols, celle des moyens de production et de distribution, ainsi que la
propriété intellectuelle des produits nouvellement développés, de façon à
assurer non seulement notre autosuffisance alimentaire, mais également notre
sécurité alimentaire ».

Les enjeux de la mondialisation
En ce qui a trait à la mondialisation, la CSN affirme que la négociation
d’accords de libéralisation des échanges doit se faire dans la transparence et
le respect des travailleuses et des travailleurs pour assurer la protection
des agricultures nationales et locales. « Les gouvernements doivent associer
les syndicats dans leurs démarches. Nous voulons être davantage que de simples
observateurs. L’agriculture n’est pas une monnaie d’échange. La sécurité
alimentaire, la satisfaction des besoins élémentaires, le maintien des
collectivités et le maintien des moyens de production à petite échelle doivent
être des préalables obligés. Nous lutterons pour avoir voix au chapitre. Nous
comptons ! » de conclure la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

La CSN et ses organisations affiliées feront connaître cette déclaration
partout, dans tous les secteurs et dans toutes les régions.

La Fédération du commerce de la CSN représente plus de 20 000
travailleuses et travailleurs dans le secteur agroalimentaire, sur les 40 000
qu’elle compte au Québec. La CSN représente plus de 270 000 membres.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil central du Montréal métropolitain (CSN)

http://www.total.net/~ccmm2/

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