Accord sur le commerce intérieur : Claude Béchard tourne le dos aux agriculteurs

Québec (Québec), 30 octobre 2009 – La députée d’Iberville et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation, Marie Bouillé, a vivement dénoncé à l’Assemblée nationale l’attitude du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Claude Béchard, qui a abandonné les agriculteurs et consommateurs québécois en forçant récemment la signature du Québec pour le nouvel Accord sur le commerce intérieur (ACI), sans avoir préalablement convenu d’un consensus québécois.

«Le gouvernement Charest a échangé notre modèle québécois agroalimentairecontre un consensus canadien artificiel. Claude Béchard vient à peined’arriver à la tête du ministère de l’Agriculture que déjà il a réussi à fairel’unanimité contre lui. Avec les défis et enjeux qui secouent le mondeagricole, cela augure très mal», a déclaré Marie Bouillé, qui suspecte leministre Béchard, le mercenaire de Jean Charest, d’avoir un agenda caché pourle monde agricole.

La députée a exposé le fait que l’Accord convenu le 15 octobre dernierrend vulnérable l’agriculture québécoise et ses spécificités. «Selon toutevraisemblance, avec ce nouveau chapitre agricole de l’ACI, les consommateursquébécois pourraient se retrouver avec une foule de produits d’imitation basde gamme sur les tablettes de leur supermarché. On le dit haut et fort : on neveut pas de yogourt et de fromage, appelés tels quels, mais qui ne contiennentpas ou peu de lait frais. Or, c’est ce qui nous attend, a insisté la députéed’Iberville. Il faut s’assurer que les produits bas de gamme de certainesmultinationales ne prennent pas la place de nos produits de qualité», a-t-elleajouté.

Le Parti Québécois s’est dit particulièrement fier que le Québec aitdéveloppé des normes et des règles qui permettent aujourd’hui d’avoir un dessystèmes agroalimentaires les plus raffinés en Amérique du Nord. Pourtant, cenouvel Accord permettra à quiconque de contester ces règles sous prétextequ’elles entravent le commerce. «Le ministre Béchard a lui-même affirmé qu’ila dû reculer sur plusieurs points pour sauver le consensus avec les autresministres provinciaux. C’est douteux car son prédécesseur, Laurent Lessard,rejetait catégoriquement ce projet d’Accord. En un an à peine, le gouvernementCharest a viré à 180 degrés. Dans l’intérêt de qui?», a questionné la députée.

L’unité canadienne avant l’intérêt de la population québécoise
Le député de Lac-Saint-Jean et porte-parole en matière d’affairesintergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, a, de son côté, tenu àrappeler que cette signature est intervenue en secret, sans consultation.«Personne n’a pu voir les textes de ce nouvel Accord. Que nous cache legouvernement Charest encore une fois?», se demande Alexandre Cloutier.

En tentant d’obtenir un consensus avec les autres provinces sans mêmetenir compte des consommateurs et des producteurs québécois, le gouvernementCharest a fait la démonstration que ce qui compte pour lui, c’est que l’unitécanadienne doit primer avant les intérêts de la population québécoise. «Lasignature de cet Accord est clairement au désavantage des agriculteurs. Lagrogne est partout. En Ontario et dans l’Ouest, les producteurs etconsommateurs sont choqués. Certaines provinces n’ont pas encore signél’Accord à cause des problèmes que cela soulève pour leurs producteurs.Faudra-t-il compter sur eux pour que ce chapitre n’entre pas en vigueur? Cenouvel Accord est un enjeu politique d’unité canadienne et n’est surtout pas àl’avantage des agriculteurs», a poursuivi le député de Lac-Saint-Jean.

Projet d’entente de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne : le véritable enjeu ?
Le Parti Québécois soupçonne le premier ministre du Québec, Jean Charest,d’imposer un sacrifice aux agriculteurs et consommateurs québécois pourembellir son rôle dans la négociation en cours depuis 2007 pour un accord delibre-échange entre le Canada et l’Union européenne (UE).

En effet, l’UE s’inquiète des règles différentes dans chaque province, enagriculture, une entrave qui pourrait selon eux mettre en péril le projet delibre-échange. «Est-ce que le gouvernement du Québec a imposé le nouveauchapitre agricole de l’ACI pour niveler vers le bas les règlesagroalimentaires dans chaque province de façon à ce que le projet que piloteJean Charest pour son image soit facilité? Il y a lieu de se poser desérieuses questions là-dessus. Il semble que Jean Charest ait échangé notrespécificité agroalimentaire pour faciliter son projet de libre-échange avecl’UE. Pour qui Jean Charest travaille-t-il : le Québec ou le Canada?», aconclu la députée Marie Bouillé.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Parti québécois
http://partiquebecois.org/

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