Alcools du terroir au Marché des Saveurs : Le ministre Dupuis refuse une solution simple et rapide

Québec (Québec), 21 mars 2006 – Questionné à l’Assemblée nationale par le député de Gouin, Nicolas Girard, le vice-premier ministre et ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, malgré les belles paroles, refuse de trouver une solution simple et rapide afin de permettre la vente des alcools du terroir au Marché des Saveurs à Montréal.

«Ça fait exactement trois mois que les producteurs de boissonsalcooliques du terroir ne peuvent vendre leurs produits parce que la Régie desalcools, des courses et des jeux (RACJ) applique une bête directiveadministrative. Ça fait trois mois que le gouvernement libéral se dit en modesolution. Rien n’avance et pendant ce temps-là, les producteurs et lesconsommateurs écopent», a dénoncé Nicolas Girard.

M. Girard a également procédé, aujourd’hui à l’Assemblée nationale, audépôt d’une pétition signée par 13 221 personnes en faveur de la vente desalcools du terroir par le Marché des Saveurs. Pour l’occasion, lesreprésentants du Marché des Saveurs du Québec étaient présents, soit AntonioDrouin, Suzanne Bergeron, Simon Beaudoin et Isabelle Drouin, ainsi queFrançois Pouliot de l’Association des cidriculteurs du Québec, de JacquesMcIsaac, représentant des producteurs de boissons de petits fruits, et de MarcAngers de la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal. D’autresproducteurs étaient également présents.

Pour le député de Gouin, il est clair que la directive interne de la RACJpénalise injustement le Marché des Saveurs au Marché Jean Talon de Montréal etla cinquantaine de producteurs qui y vendent leurs produits. «Les producteursde boissons alcooliques artisanales n’ont pas les moyens d’être sur le lieu deproduction et le lieu de vente en même temps. Pour certains, la perte de cettevitrine unique met en péril la survie de leur entreprise», a poursuiviM. Girard.

«Ce qui est le plus choquant, c’est l’attitude du ministre Dupuis qui ditêtre en mode solution, mais refuse de rencontrer les producteurs qui ont faitle trajet Montréal-Québec, après trois mois d’attente», a indiqué NicolasGirard.

Pour sa part, le député des Îles-de-la-Madeleine et porte-parole del’opposition officielle en matière d’agriculture, de pêcheries etd’alimentation, Maxime Arseneau, estime ironique que le gouvernement libéralne soit pas en mesure de régler cette situation alors qu’il a lui-même mis enplace, en octobre 2005, un programme d’aide spécifique pour supporter lesproducteurs de boissons alcoolisées pour favoriser la mise en valeur desproduits du terroir, en plus du projet de loi spécifique aux appellations duterroir.

«La problématique actuelle nuit à la volonté du premier ministre quiaffirmait, la semaine dernière dans son discours inaugural, que songouvernement allait »reconnaître dans la loi l’apport économique de laproduction agricole artisanale par la reconnaissance des appellationscontrôlées et les termes valorisants«. Ca semble évident qu’on parle des deuxcôtés de la bouche en même temps», estime M. Arseneau.

Pour Maxime Arseneau, il est urgent que le ministre de l’Agriculture, desPêcheries et de l’Alimentation, Yvon Vallières, fasse valoir les impacts pourles producteurs de cet entêtement de la RACJ et que la situation se rétablissesans délai. «Le ministre Vallières a été saisi de la situation au mois dejanvier. Le 28 février dernier, lors des auditions particulières sur le projetde loi 137, il assurait aux gens du milieu qu’il travaillait fort avec sescollègues concernés pour trouver une solution permanente. Trois semaines plustard, rien n’a bougé. Il faut que le ministre Vallières agisse rapidement,sans quoi il perdra toute crédibilité face à l’enjeu fondamental de la mise enmarché des produits du terroir qu’il veut faire reconnaître avec son projet deloi», a indiqué M. Arseneau.

«Le Marché des Saveurs est un pionnier dans la valorisation des boissonsalcoolisées du terroir québécois. Il permet ainsi à un grand nombre d’artisansd’ici de vivre de leur production et de faire connaître leurs produits.Qu’attend le gouvernement libéral pour intervenir dans ce dossier et s’assurerque ces producteurs puissent poursuivre leur travail sans embûche inutile? Unechose est sûre, ce n’est certainement pas avec l’attitude du ministre Dupuisqu’on s’approche d’une solution, lui qui refuse de rencontrer lesproducteurs», a conclu M. Girard, en rappelant que déjà trois producteurs sonten démarche pour vendre leur domaine et que si rien n’est fait, d’autresdevront faire de même.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Marchés publics de Montréal
http://www.marchespublics-mtl.com/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Parti québécois
http://partiquebecois.org/

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