Deux conférences pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui

Aucune inscription n’est requise pour ces deux conférences

Publié: 9 janvier 2026

Pierre-Yves McSween présentera une conférence lors du Salon de l'agriculture.

Les visiteurs au Salon de l’agriculture pourront assister à plusieurs conférences durant les trois jours de l’événement, mais deux conférenciers retiennent particulièrement l’attention.

Lors de la journée du 14 janvier, qui a pour thème Entreprendre, Pierre-Yves McSween présentera une conférence ayant pour titre Comment bâtir ma marque entrepreneur, où il abordera l’importance de l’image. « Quand vous êtes dans le commerce au détail, l’image de marque influence la demande. Si vous avez une mauvaise image, vous tuez votre produit. L’image de marque est aussi basée sur la qualité du service. Pour une entreprise, elle est la sommation de l’image de marque des employés. »

C’est ce qui fait que les produits ou les personnes se distinguent les uns des autres, sinon, les produits seraient tous semblables, et le concept de vedette ou de porte-parole n’existerait pas. « L’image de marque, c’est la base du marketing », poursuit M.McSween.

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La marque repose également sur le message qu’on souhaite transmettre, ou de qu’on souhaite vendre. Il peut s’agir de la fraicheur, de l’aspect biologique, ou du prix. La conférence fera le parallèle entre le développement d’une image de marque et sa cohérence. « Beaucoup de gens ont une image de marque et ne la respecte pas, sans s’en rendre compte. Il y a des choses à faire et ne pas faire. L’image de marque doit être cohérente avec ce qu’on vend, ce qu’on est et avec ce qu’on fait. »

Le processus également doit respecter des étapes pour ne pas s’égarer, sans oublier les finances et la gestion de risques.

Son livre En as-tu vraiment besoin, qui aborde une quarantaine de questions d’ordre financier et de consommation, fête cette année son 10e anniversaire. Il demeure un des livres les plus vendus pendant les fêtes, indique M.McSween, preuve que l’engouement pour le volume est encore vif et le sujet intemporel. « Je trouve qu’avec le contexte inflationniste, avec le choix que les particuliers ont à faire, c’est rendu encore plus pertinent qu’avant ». La santé financière, physique, alimentaire et mentale sont quatre piliers essentiels. « On ne peut en négliger un, sinon on va finir par en payer le prix », rappelle-t-il.

Et s’il avait un conseil à donner pour 2026, que serait-il? « Avec le contexte socio-politique étranger, le dollar canadien et l’inflation, les gens doivent être de plus en plus conscients de l’importance de diversifier leurs affaires, protéger leur avenir et prévoir le prévisible. Ce n’est pas un conseil différent d’une autre année, mais le contexte est plus inquiétant et anxiogène. Ce qui avait d’acquis dans le passé ne l’est plus. »

Un monde à comprendre

Ce sera au tour de Guillaume Lavoie de se présenter au Salon le 15 janvier. Sa conférence, Tu parles d’un monde, ne saurait être plus à propos.

Avec une conférence ayant pour but de présenter les tensions géopolitiques et la place de l’agriculture dans ces dernières, Guillaume Lavoie dit vouloir aider à faire la distinction entre le bruit et les tendances sous-jacentes actuelles qui exercent des pressions sur le secteur agricole sur la scène internationale.

Gauillaume Lavoie, spécialiste de politique américaine et internationale. Source: Salon de l’agriculture

« Il a énormément de confusion qui émerge parce qu’il se passe beaucoup de choses qui sont déstabilisantes et le rythme à lequel ça se passe qui ajoute à la confusion. Pour être capable de s’orienter, il faut pouvoir faire la distinction entre les signaux et le bruit. S’il fallait qu’on base nos décisions sur la température de la journée, on ne serait jamais capable de rien planifier et éviter la panique, la confusion ou l’anxiété. La conférence va viser beaucoup cette capacité de prendre un pas de recul pour être capable de voir les signaux et comprendre ce qui est en train de se passer. »

Le spécialiste explique que certaines tendances de fond sont en jeu actuellement. L’immigration est une d’entre elles. Il s’agit d’un phénomène qui n’est pas localisé qu’au Québec et qui est mondial. Il a plusieurs répercussions, dont sur la main-d’oeuvre. L’urbanisation qui s’accélère sur l’échelle de la planète en est un autre dont les répercussions sont moins bien comprises, fait valoir Guillaume Lavoie. Il évoque le fait que le lien entre le rural et la ville s’estompe, ce qui fait que la réalité des campagnes est moins bien comprise.

À travers toutes les tensions géopolitiques actuelles, les enjeux agricoles se retrouvent en haut de la liste de tous les acteurs mondiaux qui défendent leurs propres secteurs agricoles. « Il faut manger trois fois par jour. Il n’y a pas un secteur qui est plus branché sur l’international que l’agriculture. »

S’il observe un nouveau réalignement entre les pays et la fin du consensus post Deuxième Guerre mondiale, Guillaume Lavoie remarque aussi que les disputes commerciales ne sont plus discutées au cas par cas, mais que tout est maintenant mis sur la table lors de négociations. C’est ainsi que l’agriculture se retrouve à être une victime collatérale du conflit du bois d’œuvre ou du secteur automobile.

Dans le cas de l’ACEUM, il faut donc comprendre que la question n’est pas seulement commerciale et déborde bien au-delà des simples échanges commerciaux.« Tout est maintenant interconnecté, ce qui oblige à comprendre les autres secteurs. Dans ce contexte, la première chose à faire est de reprendre le contrôle et de faire du sens des événements qui ont lieu. »

Pierre-Yves McSween sera à l’Espace Desjardins à 13h30 le 14 janvier. Guillaume Lavoie sera le 15 janvier à 9h30, également à l’Espace Desjardins. Aucune inscription n’est requise.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Céline Normandin

Céline Normandin

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.