Baisse du dollar: des impacts mitigés

La Banque du Canada (BCC) a surpris tout le monde la semaine dernière en retranchant un quart de point sur les taux d’intérêt en vigueur au pays. Le taux cible de financement à un jour est passé de 1,00% à 0,75%. Ce dernier n’avait pas bougé depuis septembre 2010.

La Banque a justifié le geste par la chute du prix du baril de pétrole sur les marchés mondiaux. Le baril a en effet perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année pour descendre sous la barre de 50$. La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre : le dollar canadien a chuté à son niveau le plus bas depuis 2009 à 0,80$US. Depuis, la devise canadienne continue de perdre de la valeur. Les experts de la Banque TD croient même qu’elle pourrait reculer à 0,75$US si la BCC intervenait avec une nouvelle baisse des taux d’intérêt.

Effets sur le secteur agricole
La perte de valeur du huard favorisera les exportations des biens canadiens en les rendant économiquement plus attrayants. Les secteurs exportateurs tels que le porc, le bœuf et les céréales devraient être favorisés. Les ventes vers les États-Unis devraient augmenter puisque l’économie américaine montre de plus en plus de signes de vigueur. En contrepartie, il en coûtera plus cher pour acheter les produits faits à l’étranger, ce qui inclus les fertilisants et les semences.

Financement agricole Canada (FAC) avait déjà indiqué en début d’année que le prix de certains produits devrait augmenter en 2015, entre autres pour la viande de bœuf. Les experts du FAC ajoutaient que le taux de change pourrait influencer grandement les prix reçus par les producteurs. « Un dollar faible pourrait favoriser des rendements solides dans le secteur de l’élevage », pouvait-on lire. « Compte tenu de l’affaiblissement des prix du pétrole, il est difficile d’envisager une remontée du dollar canadien par rapport à son niveau actuel » ajoutait-on.

De plus, FAC estime que les marges des producteurs de céréales et d’oléagineux risquent de demeurer faibles. Après avoir dégringolé en 2014, il est prévu que le prix des principales céréales se stabilisera en 2015 mais aucune hausse marquée n’est envisagée par les experts.

Pour le Québec, la baisse des coûts reliés au pétrole et aux emprunts bancaires devraient soutenir les investissements des manufacturiers mais peu d’effets à court terme sont prévus. Le dollar fort des dernières années a limité l’expansion des entreprises exportatrices et des secteurs ont souffert davantage, dont les industries forestières.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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