Biotechnologie animale : des experts préconisent la prudence

Washington (États-Unis), 21 août 2002 – Un panel d’experts de l’Académie nationale des sciences américaine préconise, en l’absence d’analyses plus approfondies, la plus extrême prudence quant à l’introduction dans la nature et dans l’alimentation d’animaux génétiquement modifiés, selon un rapport publié à Washington.

« Comme c’est le cas avec toute nouvelle technologie, il est pratiquement impossible de dire qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter, et dans certains domaines de la biotechnologie animale, nous avons effectivement identifié des préoccupations légitimes », a déclaré John Vanderbergh, professeur de zoologie à l’Université de Caroline du Nord, qui présidait ce panel.

Les 12 scientifiques insistent particulièrement sur le risque pour l’environnement posé par l’introduction par mégarde dans la nature d’animaux transgéniques.

« Notre plus grande préoccupation est liée aux espèces qui sont très mobiles et qui son connues pour causer de gros dégâts au plan local, et notamment les insectes, les crustacés, les poissons, les souris et les rats », a noté John Coffin, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Tufts.

Selon eux, il n’est pas à exclure que ces animaux transgéniques, des saumons à croissance accélérée par exemple, se reproduisent abondamment et soit disséminent à grande échelle des gènes conçus en laboratoire par ingénierie génétique, soit en viennent à évincer des populations sauvages, victimes de leur concurrence pour la nourriture et la reproduction.

Les animaux transgéniques sont créés en « activant » ou « désactivant » un ou plusieurs gènes appartenant à une espèce différente, ce qui permet d’influer sur différents facteurs: rythme de croissance, couleur, taille, ou encore composition, comme par exemple une viande moins grasse et plus riche en protéines, des oeufs sans cholestérol, du lait contenant des médicaments, etc.

Les experts attirent donc aussi l’attention sur les risques pour l’homme, avec l’introduction dans l’alimentation de ces animaux modifiés génétiquement en raison des risques non connus, notamment de possibles réactions allergéniques causées par les protéines produites par les gènes insérés.

Quant aux animaux clonés ou leurs produits dérivés (lait de vache, par exemple), bien que rien n’indique à ce stade que leur consommation soit dangereuse pour la santé, les experts insistent sur la nécessité d’être extrêmement prudents en l’absence d’études sur leur toxicité.

Intitulé « Biotechnologie animale: identifier des préoccupations scientifiques », ce rapport rédigé par des scientifiques du Conseil national de recherche (NRC) a été commandé par l’Administration de contrôle des aliments et des produits pharmaceutiques (FDA) qui prépare une nouvelle réglementation sur la sûreté sanitaire de produits de biotechnologie animale.

Source : AFP

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