Carburant : les agriculteurs français en colère

Toulouse (France), 12 octobre 2004 – Plusieurs centaines d’agriculteurs ont bloqué des raffineries et des dépôts de carburant dans plusieurs départements français, dans le cadre d’une journée nationale de protestation contre les conséquences de la flambée des cours du pétrole. La plupart devaient mettre fin à leur action en fin de journée.

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a lancé un ultimatum au gouvernement, lui donnant deux jours pour trouver une solution à la hausse des prix du gazole.

Le conseil fédéral de la FNSEA doit se réunir mercredi à Paris, en présence de représentants des Jeunes agriculteurs prêts à durcir le mouvement. Il décidera alors des actions à mener en fonction des réponses gouvernementales.

De source ministérielle, on se contentait mardi d’assurer qu’un travail ministériel avait été engagé sur cette question, et que des mesures seraient annoncées d’ici la fin du mois.

Dès 3h du matin mardi, une centaine d’agriculteurs, essentiellement des jeunes exploitants, se sont rendus devant le dépôt pétrolier de Lespinasse (Haute-Garonne), au nord de Toulouse, avec six ou sept tracteurs. Ils venaient en majorité de Haute-Garonne, mais aussi du Gers et du Tarn-et-Garonne.

« Ce que nous demandons, en cette période de hausse du prix du carburant, c’est que l’Etat nous exonère, au moins pour un temps, de la taxation, qui augmente aussi en même temps que le pétrole, puisqu’elle est un pourcentage fixe sur le prix », a expliqué Guy Forest, co-président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne. Le prix du fuel a, selon lui, doublé depuis l’année dernière, ce qui grève les budgets des exploitations (chauffage, tracteurs, notamment).

Les Jeunes agriculteurs souhaitent aussi que l’Etat fasse des efforts en matière de biocarburants, pour qu’ils dépendent moins des cours des produits pétroliers.

D’autres actions ont été menées par les Jeunes agriculteurs devant un dépôt de carburant près de Dijon (Côte-d’Or) et devant la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique), près de Nantes.

Une quinzaine d’agriculteurs ont également tenté de bloquer dans la matinée avec leurs voitures le dépôt pétrolier d’Illzach, près de Mulhouse (Haut-Rhin). Deux heures plus tard, ils ont quitté les lieux pour se rendre devant la raffinerie de Reichstett, près de Strasbourg (Bas-Rhin).

Dans la Somme, près d’Amiens, un barrage filtrant a été mis en place lundi matin par une trentaine d’agriculteurs de la Coordination rurale devant le dépôt de carburant de Total, à Bacouel-sur-Selle.

Selon Mathias Vicherat, directeur de cabinet du préfet de la région Picardie, il s’agit toutefois d’une manifestation plus symbolique qu’autre chose, les véhicules pouvant entrer et sortir du dépôt malgré les sept tracteurs et la remorque placés devant l’entrée.

Jean-Luc Deramecourt, président de la Coordination rurale de la Somme et de Picardie, a expliqué à l’Associated Press que les manifestants allaient continuer leur action jusqu’à ce qu’ils obtiennent une réponse du ministère de l’Agriculture. Ils demandent notamment la suppression de la Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP).

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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