Coexistence de cultures OGM et non-OGM possible sans grand changement

Bruxelles (Belgique), 24 février 2006 – La culture d’OGM à proximité de champs traditionnels est possible sans dépasser un seuil de contamination transgénique de 0,9% et sans grand changement dans les pratiques agricoles, estime une étude publiée par Bruxelles et immédiatement dénoncée par Greenpeace.

Une législation européenne d’avril 2004 n’exige un étiquetage spécifique sur la présence d’OGM qu’à partir du moment où ils sont présents à hauteur de 0,9% ou plus dans un produit.

Selon cette étude, qui doit servir de base scientifique à la politique européenne en matière de coexistence de semences transgéniques et traditionnelles, il est possible de produire des récoltes respectant le seuil de 0,9% sans changer substantiellement les méthodes actuelles, à condition que la présence fortuite d’OGM dans les semences ne dépasse pas 0,5%.

Cette étude, chapeautée par le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CRC), a été menée en France pour le maïs et la betterave sucrière, et en Andalousie pour le coton.

Il en ressort que seule la culture du maïs nécessiterait des précautions particulières, comme l’introduction de distances de séparation entre les deux types de cultures ou le choix de variétés OGM et non-OGM ayant des périodes de floraison différentes.

Le maïs, dont la France est le premier producteur européen, est actuellement la seule espèce à faire l’objet d’une exploitation commerciale d’OGM dans l’UE, essentiellement en Espagne où 58 000 hectares ont été cultivés en 2004.

Eric Gall, conseiller de l’organisation écologiste Greenpeace, a immédiatement dénoncé l’approche de cette étude, « contraire à la législation et biaisée en faveur des industriels de l’industrie transgénique ».

En mettant en avant le seuil de contamination de 0,9%, l’étude utilise de façon biaisée la législation européenne, selon lui.

L’approche de l’étude « consiste à dire qu’on peut contaminer les champs à hauteur de 0,9%. Mais prendre ce seuil d’élimination de l’étiquetage comme une autorisation à contaminer à hauteur de 0,9%, ça n’est pas du tout valable », a estimé M. Gall.

Cette étude « n’est pas une bonne base pour discuter des mesures politiques à prendre pour protéger d’une contamination par les OGM », a-t-il ajouté.

La publication de cette étude intervient alors que la Commission doit publier sous peu un rapport sur les mesures prises dans l’ensemble de l’UE pour assurer une coexistence efficace entre cultures traditionnelles et cultures transgéniques.

Ce rapport risque d’alimenter des débats qui s’annonçaient déjà passionnés entre les 25 lors d’une conférence sur les OGM, prévue les 5 et 6 avril à Vienne.

Cette rencontre est organisée par l’Autriche qui assume jusqu’en juin la présidence tournante de l’Union et qui est l’un des pays de l’UE les plus hostile aux cultures OGM.

Source : AFP

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