Conquérant planétaire génétiquement modifié

France, 30 juillet 2001 – Aux États-Unis, une race de maïs génétiquement modifié destinée à l’alimentation animale prolifère de façon incontrôlée. Baptisée Starlink, elle synthétise une protéine désormais présente dans 90% des produits de consommation courante à base de maïs. A l’origine de son introduction sur le marché américain, le français Aventis Crop Science fait face aujourd’hui à une série de procès initiés par des agriculteurs, des ONG, des associations de consommateurs et de producteurs. Total des indemnisations demandées : plus d’un milliard de dollars, selon les plaignants, et près de 100 millions d’Euros indique-t-on chez Aventis Etats-Unis.

En marge de ces controverses financières, l’affaire Starlink prouve en tous cas les difficultés de confinement des cultures génétiquement modifiées en production industrielle. Face à cette situation, certaines firmes agro-alimentaires, dont Aventis, plaident devant l’Agence de protection de l’environnement (EPA) américaine en faveur de l’établissement d’un seuil de tolérance de présence d’OGM dans les produits destinés à la consommation humaine.

David Azoulay, de l’association « Les amis de la Terre », partie civile dans le procès contre Aventis, n’y va pas par quatre chemins : « Les industries de biotechnologie introduisent sciemment de très faibles pourcentages d’OGM dans les semences. Un taux assez faible pour ne pas inquiéter l’opinion publique, mais suffisamment important pour que d’ici quatre à cinq ans, par le biais des contaminations croisées et des nouvelles cultures, le maïs sans OGM n’existe plus. »

La découverte, l’an dernier, de traces de Starlink dans la chaîne alimentaire avait déclenché un rappel massif de produits. Le maïs modifié génétiquement se serait propagé, soit par contamination croisée entre les parcelles de culture, soit par pollinisation. « Il existe aujourd’hui un troisième mode de contamination, encore inexpliqué. Car nous avons retrouvé la trace du Starlink dans du maïs blanc principalement destiné à l’alimentation humaine », rapporte David Azoulay.

Interrogée au téléphone par Digipresse, Aventis, dont le siège est en France, ne s’exprime que par le biais de sa filiale américaine. Selon Rhonda Barnatt, responsable des relations avec les médias, la totalité du Starlink en circulation aurait été retirée du marché suivant le principe de précaution. Quant aux poursuites en cours, si Aventis reconnaît faire face à « un certain nombre de cas dans différents Etats », la firme ne souhaite pas s’exprimer tant que les affaires ne sont pas jugées.

Reste que la contamination menace de s’étendre au niveau mondial. Inquiets face à la vivacité du Starlink, le Japon, Taïwan et la Corée ont d’ores et déjà fermé leurs marchés intérieurs aux exportations de maïs américain.

Source : digipresse

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Aventis CropScience

http://www.ca.cropscience.aventis.com/

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