Crise agricole mondiale : 400 experts internationaux arrivent aux mêmes conclusions que la Commission Pronovost

Montréal (Québec), 18 avril 2008 – En signant un rapport d’évaluation d’une envergure sans précédent, pas moins de 54 Etats réunis la semaine dernière à Johannesburg sous l’égide des Nations Unies ont lancé un appel urgent à des changements radicaux des politiques agricoles. Le rapport de2 000 pages du groupe International Assessment of Agricultural Knowledge,Science and Technology for Development (IAASTD), fruit des quatre ans detravail d’un groupe de 400 scientifiques, conclut sans appel à l’échec despratiques agricoles industrielles et lance un plaidoyer pour une agricultureplus diversifiée, à plus petite échelle et plus respectueuse de l’humain et del’environnement. Voilà un constat qui devrait interpeller le ministre LaurentLessard, croit l’Union des consommateurs.

Boudé par les géants de l’agrochimie, le rapport qui préconise notammentde réinvestir dans l’agriculture de subsistance a aussi été appuyé par laBanque mondiale qui, paradoxalement, incite depuis trente ans les pays pauvresà développer des cultures d’exportation intensives au détriment des culturesvivrières. L’Union des consommateurs, qui voit le bien-fondé de sespréoccupations irréfutablement confirmé par les scientifiques, déplore lesréserves émises par le Canada qui, s’alignant sur la position des Etats-Unis,insiste pour laisser une plus grande place au marché et aux biotechnologies.

L’Union des consommateurs souligne que le rapport d’experts en arrive àdes recommandations qui vont dans le même sens que ce que préconise pour leQuébec la Commission Pronovost dans le rapport qu’elle a dévoilé en févrierdernier: protection des ressources naturelles, diversification del’agriculture, développement des pratiques dites « agroécologiques », révisiondes politiques de gouvernance, etc.

Selon l’Union des consommateurs, l’ampleur et la gravité des constatsfaits par l’IAASTD devraient pousser à agir le gouvernement du Québec et sonministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, LaurentLessard.

L’organisme dénonce en effet la tiédeur du gouvernement québécois face aurapport de la Commission sur l’Avenir de l’agriculture et de l’agroalimentairequébécois (CAAAQ). Récemment, le ministre Lessard proposait la mise sur piedde « chantiers » sur certains aspects du rapport Pronovost, sans plan niéchéance. Déjà, au lendemain de la publication du rapport, le ministreéteignait un débat qui devra pourtant se faire, celui du monopole syndical.

« Les recommandations de la Commission Pronovost constituent un tout, quivise à l’élaboration d’une politique axée sur le développement durable, plussoucieuse des aspects sociaux et environnementaux. Le Québec, comme le restede la planète, doit amorcer un virage radical, qui touche toutes les sphèresde l’agroalimentaire. Si on le morcèle, le projet devient irréalisable »commente Alain Robert, du Comité agroalimentation de l’Union desconsommateurs. « Partout dans le monde, le même constat est en train de sefaire quant au danger des politiques actuelles. Le Québec doit agir sanstarder ».

L’Union des consommateurs appelle à la mobilisation de tous les citoyenset organismes soucieux de l’avenir de l’agroalimentaire au Québec etfavorables au rapport Pronovost. Il faut veiller à ce que le gouvernement duQuébec adopte rapidement une politique agricole durable et qu’il suive le plande mise en oeuvre proposé dans le rapport de la CAAAQ.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des consommateurs
http://consommateur.qc.ca/union

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