Déception, inquiétudes et réserves exprimées par la Fédération des producteurs de porcs

Longueuil (Québec), 14 mai 2004 – Ayant pris connaissance des orientations gouvernementales relatives à la levée du moratoire sur la production porcine, Claude Corbeil, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec, avoue la déception de ses membres quant à l’absence de consultation lors de l’élaboration des orientations gouvernementales présentées.

« Les producteurs de porcs, de déclarer M. Corbeil, ont manifesté depuisle début de la consultation publique sur la production porcine la plus grandeouverture pour un développement harmonieux et durable de leur production, ceque semblent d’ailleurs reconnaître les autorités gouvernementales. Aussi est-il surprenant que nous ayons été écartés de cette réflexion depuis laremise des recommandations du BAPE. Nous devons maintenant spéculer sur lesintentions réelles des autorités et sur les modalités d’application del’ensemble des mesures prévues. »

D’après ce qu’elle connaît des orientations rendues publiques, laFédération tient toutefois à formuler quelques inquiétudes et réserves.

Tout d’abord, même si elle est d’accord avec l’implication étroite desmunicipalités dans le processus menant à l’acceptation sociale des projets, laFédération considère essentiel que soient définis des paramètres provinciauxpour régir le développement de cette production. « Sinon, estime M.Corbeil, onpeut craindre un développement chaotique, incohérent, qui fasse entrave à lavigueur économique et technique qui caractérise la production porcinequébécoise. Par ailleurs, les nouvelles responsabilités conférées auxmunicipalités, qui déplacent maintenant le pouvoir vers celles-ci, leuraccordent un rôle déterminant, dont l’exercice doit impérativement s’appuyersur une connaissance réelle de la production, sur une expertise agro-environnementale notamment. Or, à cet égard, M.Corbeil doute que lesmunicipalités disposent de cette connaissance et craint qu’elles soient tropsouvent juges et parties, ou indûment sujettes aux pressions exercées parleurs milieux respectifs. »

La Fédération émet aussi de sérieuses réserves quant au support promispour accompagner les producteurs dans ce renforcement réglementaire. Les239 millions $ annoncés ne représentent pas des argents neufs. « Aussi peut-ondouter de la volonté réelle des autorités de supporter les producteurs, alorsmême que l’on augmentera de façon significative les exigences imposées à cesderniers », de souligner M. Corbeil.

Enfin, les producteurs sont choqués d’entendre les propos émanant duMinistre de la Santé et des Services sociaux, qui laissent croire que laproduction porcine est à l’origine d’impacts psychosociaux et de problèmes desanté. « Après tant d’informations diffusées sur la question de la santépublique au cours des audiences publiques, après tous les doutes émis par lesexperts, il est surprenant que le Ministre véhicule encore de tellesperceptions », de préciser M. Corbeil.

« La production porcine, de conclure M. Corbeil, est et demeure uneproduction agricole d’importance, créant à elle seule plus de 30 000 emplois,et générant des retombées économiques de quelque 3,2 milliards $. Il s’agitd’une production agricole moderne, qui a su s’ajuster au fil des ans auxnombreux défis que lui ont lancé les marchés et la société d’aujourd’hui,qu’ils soient d’ordre économique, technique ou social. Reste maintenant àaffiner ces développements et à tracer les bases d’un nouveau pacte social ».

Les producteurs sont ainsi prêts à poursuivre la réflexion pour favoriserun développement durable de leur production.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Le Porc du Québec
http://www.leporcduquebec.qc.ca/

Commentaires