Voici ce à quoi ressemblent la plupart des hybrides sur le marché :
Voici ce à quoi ressembleront de plus en plus d’hybrides vendus au Québec :
Voyez-vous la différence? Sur la première photo, les feuilles du maïs on l’air très détendues, décrivant un arc. Sur la seconde, elles affichent ce qu’on appelle un « port dressé » : des feuilles presque complètement pointées vers le haut. Non, elles ne souffrent pas de chaleur!
Plus tôt cette semaine, à l’occasion d’une journée de champ de Dupont Pioneer à Saint-Télesphore, le sélectionneur Jean-Marc Montpetit a expliqué au Bulletin.com comment l’apparence des hybrides de maïs est appelée à changer.
En tant que responsable de la station de recherche Pioneer à Coteau-du-Lac, Jean-Marc Montpetit voit se poindre ces changements quelques années avant nous.
Les feuilles dressées sont un trait génétique, a-t-il expliqué. Les chercheurs ne sélectionnent pas directement pour ce trait, mais il s’avère que la plupart du temps, les variétés avec un port dressé sont plus résistantes à la haute densité.
À lire aussi
Financement agricole Canada réagit face aux prix de l’énergie
Financement agricole Canada (FAC) annonce un soutien financier afin d’aider les agriculteurs aux prises avec de fortes hausses des prix des intrants, comme les engrais et le diésel, à la suite du conflit armé au Moyen-Orient.
Aux États-Unis, dans la quête de meilleurs rendements, la sélection s’est beaucoup faite en faveur de matériel génétique permettant une plus haute densité de plants à l’hectare. Les feuilles dressées sont capables de capter plus de soleil en occupant moins d’espace. Les Américains disent alors que les plants de maïs ont l’allure d’ananas.
« Nous avons de plus en plus de génétique du Midwest dans nos hybrides, révèle Jean-Marc Montpetit. Pour améliorer nos hybrides plus hâtifs en évitant la consanguinité, on va chercher de la diversité génétique dans d’autres zones. » C’est donc en raison des traits génétiques importés des États-Unis que de plus en plus de nos hybrides auront des feuilles dressées.
Les sélectionneurs de Pioneer cherchent à maximiser le rendement et la tolérance au stress. Et quand un hybride est tolérant au stress qu’est la haute densité, on obtient la plupart du temps de meilleurs rendements à l’hectare.
« On ne sélectionne pas pour les feuilles dressées, résume Jean-Marc Montpetit. On sélectionne pour la tolérance à la densité et le maïs aura l’apparence qu’il aura. »

