Estimations de la production des principales grandes cultures

Ottawa (Ontario), 23 août 2002 – La campagne agricole de 2002 représentera l’une des saisons de croissance les plus difficiles qu’ait connue l’Ouest canadien. De nombreux producteurs sont d’avis qu’il s’agit de la période la plus sèche jamais observée dans cette région du pays.

Les données recueillies lors d’une enquête menée du 26 juillet au 2 août montrent que la production totale de blé serait la plus faible que l’on ait enregistrée depuis 28 ans. Bien qu’on s’attende à une augmentation de la production de blé dur, les producteurs prévoient que la production de blé de printemps sera la plus faible depuis 1970.

Les producteurs s’attendent aussi à ce que la production totale d’orge atteigne son niveau le plus bas en 34 ans, tandis que la récolte de canola n’atteindrait qu’environ la moitié de sa moyenne annuelle de la dernière décennie.

Les producteurs de l’Alberta ont été touchés de façon plus importante. Dans cette province, on prévoit que la production de blé de printemps va diminuer de 50 % par rapport à 2001, la production d’orge de 44 % et la production de canola de 57 %.

Les réserves d’humidité du sol étaient déjà faibles depuis l’automne 2001, et le printemps a été venteux, frais et sec. Ces conditions atmosphériques ont entraîné un retard dans les semis, une mauvaise germination des cultures et un développement tardif des plantes. Le temps s’est réchauffé en été, mais les pluies abondantes du printemps n’ont été reçues que dans les régions situées au sud de la route transcanadienne. Le centre et le nord de la Saskatchewan et de l’Alberta ont été particulièrement touchés par une période de sécheresse conjuguée à une importante infestation de sauterelles. Au début d’août, du temps froid pour la saison ainsi que des températures sous le point de congélation ont fait craindre un gel prématuré.

En 2001, la sécheresse a touché les régions méridionales de l’Alberta et de la Saskatchewan. En 2002, ce sont les régions plus vastes du centre et du nord de ces provinces, dont les terres sont parmi les plus productives de l’Ouest canadien, qui ont été touchées par l’absence de précipitations. Jusqu’ici, en Alberta et en Saskatchewan, les conditions de culture ont été plus difficiles qu’en 1988, année de la dernière sécheresse importante.

Pour une deuxième année d’affilée, l’est du Manitoba a reçu des précipitations excessives qui ont causé des inondations à la fin du printemps dans la province, même si la superficie touchée a été bien moindre qu’en 2001. La partie ouest du Manitoba a encore souffert d’un manque de précipitations. Malgré ces conditions, les producteurs manitobains s’en sont tirés généralement beaucoup mieux que ceux de l’Alberta et de la Saskatchewan.

La sécheresse qui a sévi en 2002 a également eu une influence importante sur les productions animales. Le manque d’eau, de très mauvaises conditions de pâturage et un manque de fourrage ont nécessité un abattage de bétail aux quatre coins de l’Alberta et de la Saskatchewan.

Une carte des régions de l’Ouest du Canada, qui sont touchées par la sécheresse, est accessible dans le site Web de Statistique Canada.





























































































Production de juillet
  2001 2002 2001 à 2002 Moyenne 5 ans
en milliers de tonnes var. en % en miliers de tonnes
Total du blé 20 568 15 448 -25 24 585
Blé de printemps 16 010 10 215 -36 18 365
Orge 10 846 7 883 -27 12 749
Canola 4 926 3 238 -34 6 977
Blé dur 2 987 3 680 23 4 674
Avoine 2 691 3 027 13 3 433
Pois de grande culture 2 023 1 554 -23 2 248
Lin 715 709 -1 881
Seigle 228 132 -42 321
Soya1 1 594 2 442 53 2 506
Maïs-grain1 8 116 8 083 0 7 850




1Québec et Ontario seulement.

La production de blé atteint son niveau le plus bas depuis 1974

Cette saison, des températures élevées et un manque de précipitations ont nuit au rendement des cultures de blé, surtout dans l’Ouest canadien. La production totale de blé, estimée à 15,4 millions de tonnes métriques, serait la plus faible que l’on ait enregistrée depuis 1974. D’après les estimations, la production de blé de printemps atteindra son plus bas niveau depuis 1970, soit 10,2 millions de tonnes.

La production de blé de l’Ouest canadien, à l’exclusion du blé dur, diminuerait de près de 40 % par rapport à 2001 pour s’établir à 10,2 millions de tonnes. Le rendement moyen chuterait à 23,9 boisseaux par acre, comparativement à 29,2 boisseaux par acre enregistrés en 2001. Ce rendement est meilleur que prévu, mais il convient de souligner que ce chiffre est fondé sur la superficie récoltée plutôt que sur la superficie totale. Dans l’Ouest canadien, sur les 25,4 millions d’acres consacrées à la culture du blé, 4,2 millions d’acres ne seraient pas récoltées. Cette superficie abandonnée a été utilisée comme pâturage ou laissée en jachère jusqu’à 2003.

La production de blé dur augmenterait de 23 % par rapport à 2001, pour atteindre 3,7 millions de tonnes. Cette variation est attribuable à un accroissement de 15 % de la superficie consacrée à ce type de blé, qui a atteint 6,2 millions d’acres, et à une hausse du rendement de 11 %, qui atteindrait 24,1 boisseaux par acre. La moyenne de dix ans du rendement est de 31,3 boisseaux par acre. Le blé dur est cultivé principalement dans la partie méridionale des Prairies, qui a été touchée par une sécheresse en 2001. Cette année, les conditions de culture sont se sont beaucoup améliorées dans cette région, grâce à des précipitations de printemps adéquates.

La production d’orge atteint son niveau le plus faible depuis 1968

On s’attend à ce que la production d’orge chute à 7,9 millions de tonnes métriques, alors qu’elle avait atteint 10,8 millions de tonnes en 2001. Ce chiffre estimatif est le plus faible que l’on ait enregistré depuis 1968, lorsque la production avait totalisé 7,1 millions de tonnes. Le rendement de la culture de l’orge en 2002 est estimé à 40,6 boisseaux par acre, soit le plus faible rendement observé au cours des 30 dernières années. La superficie qui sera récoltée est estimée à 8,9 millions d’acres, ce qui représente environ 3,8 millions d’acres de moins que la superficie ensemencée. Une proportion élevée de terres consacrées à la culture de l’orge ont fait l’objet d’une récolte pour ensilage, ont servi de pâturage pour du bétail ou ont tout simplement été abandonnées en raison de mauvaises perspectives de récolte.

La production d’orge de l’Ouest canadien pour 2002 est estimée à 6,7 millions de tonnes. Dans cette région, au cours des dernières années, l’utilisation de l’orge comme fourrage se situait entre 7,0 et 8,5 millions de tonnes. L’utilisation comme fourrage, la demande sur le marché de l’exportation ainsi que l’utilisation à des fins industrielles et pour les semis vont entraîner un manque important d’orge en 2002. Au cours de la campagne agricole 2001-2002, des stocks d’orge limités ont nécessité l’importation de maïs des États-Unis. Il s’agit d’une quantité estimée à 2,0 millions de tonnes. Les importations de maïs depuis les États-Unis vont sans doute augmenter en 2003, mais la demande sera freinée par l’abattage de bétail effectué partout en Alberta et en Saskatchewan.

L’offre d’autres fourrages pour le secteur des productions animales est très limitée. Ainsi, la production de foin a été réduite de façon importante dans l’Ouest canadien en raison du temps chaud et sec. Les éleveurs de bétail ont dû payer des prix exorbitants pour le foin en balles ou bien réduire la taille de leurs troupeaux. Les estimations de la production des principales grandes cultures qui seront publiées en novembre contiendront les estimations relatives à la superficie consacrée au foin.

Le temps sec entraîne une diminution de la production de canola

On s’attend à ce que la production de canola diminue à 3,2 millions de tonnes métriques, alors qu’elle avait atteint 4,9 millions de tonnes en 2001. Le résultat prévu correspond à environ la moitié de la moyenne de dix ans, qui est de 6,3 millions de tonnes.

Bien que la superficie ensemencée en 2002 ait crû de 2 % par rapport à 2001 pour atteindre 9,6 millions d’acres, le temps sec et très chaud que l’on a connu dans l’ensemble de l’aire de culture a grandement réduit la production.

La superficie qui sera récoltée serait inférieure de 1,7 million d’acres à la superficie ensemencée. Le rendement a été estimé à seulement 18,0 boisseaux par acre, alors que la moyenne de dix ans du rendement est de 24,3 boisseaux par acre.

La production d’avoine est en hausse grâce à une augmentation de la superficie cultivée

La superficie ensemencée d’avoine s’est accrue de 26 % par rapport à 2001 pour s’établir à 5,9 millions d’acres, ce qui constitue la plus grande surface consacrée à cette culture depuis 1976. La production de 2002 est estimée à 3,0 millions de tonnes, alors qu’elle avait été de 2,7 millions de tonnes en 2001, mais ce résultat demeure bien inférieur à la moyenne de dix ans, qui est de 3,4 millions de tonnes.

Le temps sec réduirait le rendement à 53,8 boisseaux, alors que la moyenne de dix ans est de 64,3 boisseaux par acre.

La production de maïs demeure inchangée

Au Québec et en Ontario, les producteurs de maïs ont connu des conditions de culture inférieures à la moyenne. Toutefois, on s’attend à ce que la production atteigne le même niveau qu’en 2001, soit 8,1 millions de tonnes.

Le rendement de la culture du maïs augmenterait de 3,6 boisseaux par acre par rapport à 2001 pour atteindre 109,3 boisseaux par acre, mais il demeurerait légèrement inférieur à la moyenne de dix ans, qui est de 112,0 boisseaux par acre. Bien que le niveau d’humidité au sol ait été bon au printemps, des températures élevées enregistrées tout au long de juillet ont fait fléchir les perspectives de rendement.

Les producteurs de l’Ontario ont bénéficié de meilleures conditions de culture qu’en 2001, et le rendement a été estimé à 112,4 boisseaux par acre, en hausse de 9,3 boisseaux par acre par rapport à 2001. Au Québec, les producteurs de maïs ont connu cet été des conditions difficiles de température, et le rendement a de ce fait diminué de 6,9 boisseaux comparativement à 2001 pour atteindre 103,7 boisseaux par acre.

L’Ontario et le Québec ont connu du temps frais et humide en début de saison, mais leur situation s’est améliorée avec l’arrivée de températures plus chaudes au cours de l’été. Les cultures de l’Ontario ont souffert en juillet durant une période prolongée de temps très chaud et sec, mais de bonnes pluies ont amélioré la situation au début d’août dans la plupart des comtés. Au milieu d’août, un retour des températures élevées dans l’Est canadien a causé une réduction du rendement des cultures de maïs.

Hausse de la production de soya

Le Québec et l’Ontario ont connu de bonnes conditions de culture pour le soya, dont la production augmenterait de 2,4 millions de tonnes par rapport au résultat désastreux de 1,6 million de tonnes enregistré en 2001. Le rendement estimatif a fait un bond de 66 % pour se chiffrer à 37,6 boisseaux par acre.

L’Ontario a enregistré la plus forte hausse au chapitre du rendement, passant de 21,1 boisseaux par acre en 2001 à 37,3 boisseaux par acre en 2002. Au Québec, le rendement estimatif a progressé de 23 % par rapport à 2001 pour se fixer à 39,7 boisseaux par acre. Il s’agit d’un résultat légèrement inférieur à la moyenne de dix ans de 41,4 boisseaux par acre.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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