Estimations du bétail au 1er juillet 2003

Ottawa (Ontario), 19 août 2003 – Le nombre de bovins sur les fermes canadiennes a atteint un niveau record en juin à la suite de la fermeture de la frontière américaine aux bovins et aux boeufs canadiens dans la tourmente des préoccupations relatives à la maladie de la vache folle. Entre-temps, les stocks de porcs sont demeurés stables.

Le cheptel national de bovins et de veaux a augmenté de 1,9 % à la fin de juin comparativement à juin 2002, à cause de la limite des marchés étrangers pour les bovins et les veaux du Canada. La grande majorité des exportations est habituellement envoyée aux États-Unis. Selon une enquête auprès de 25 000 agriculteurs, les producteurs de bétail comptaient sur leurs exploitations un nombre record de 15,7 millions de têtes de bovins au 1er juillet.

Puisque l’Enquête sur le bétail de juillet a été menée en juin, celle-ci ne consigne que les activités jusqu’au 1er juillet de cette année. L’effet des restrictions commerciales sur les activités après le 1er juillet sera constaté dans les rapports ultérieurs. Depuis le 8 août, la frontière américaine est partiellement ouverte aux exportations d’une sélection de coupe de viande de boeuf. Elle demeure fermée aux exportations de bovins sur pied.

Stocks de bétail au 1er juillet
 BovinsPorcsMoutons et agneaux
en milliers de têtes
 200220032002200320022003
Canada15 43615 72814 66914 6441 2531 249
Atlantique2922933823574849
Québec1 3701 4204 3534 350279292
Ontario2 1402 2303 6093 620335353
Manitoba1 4701 5902 7852 8707882
Saskatchewan2 9403 2451 2301 250155145
Alberta6 3876 0502 1412 030288255
Colombie-Britannique8379001681677073
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Le secteur des bovins est paralysé
Le secteur des bovins a pratiquement interrompu ses activités le 20 mai, date à laquelle une vache du nord de l’Alberta, rejetée par les inspecteurs à un abattoir, a été plus tard dépistée positive pour encéphalopathie spongiforme des bovins (ESB ou maladie de la vache folle). Les États-Unis, de même que d’autres pays, ont rapidement fermé leurs frontières aux ruminants et à tous les produits connexes.

Bien qu’on n’ait pas découvert d’autres cas de maladie de la vache folle, la fermeture de la frontière américaine a gravement touché l’industrie bovine du Canada dont la valeur est de 7,5 milliards de dollars par année. Cette industrie, activée par les exportations vers les États-Unis par opposition à la consommation intérieure, est considérablement plus importante qu’elle ne l’était au milieu des années 1980.

La plupart des provinces ont constaté d’importantes augmentations de la taille de leur cheptel comparativement à la même période en 2002, sauf en Alberta, où les stocks avaient chuté de 5,3 % au 1er juillet, parce que la baisse de stocks aux parcs d’engraissement et aux exploitations de naissage a plus que contrebalancé la hausse de stocks aux exploitations de semi-finition.

Même avant les appréhensions suscitées par la maladie de la vache folle, les éleveurs de bovins de boucherie d’Alberta ont été durement touchés par deux années de sécheresse. La diminution des stocks d’aliments pour animaux et la montée en flèche du prix de ces aliments ont entraîné une diminution de 8,8 % de la taille du cheptel au 1er janvier. Le maintien à 5,3 % du taux de diminution de la taille du cheptel en Alberta n’est attribuable qu’à la fermeture de la frontière.

Les prix des bovins dégringolent
La valeur des exportations de boeuf canadien et de bovins vers les autres pays a totalisé respectivement 2,1 milliards de dollars et 1,8 milliard de dollars, pour atteindre un total de 3,9 milliards de dollars en 2002, soit des ventes de 11 millions de dollars par jour. La plupart des exportations sont destinées aux États-Unis, qui ont représenté 3,6 milliards de dollars en exportations en 2002. Les exportations de bovins sur pied et de boeuf ont totalisé chacune 1,8 milliard de dollars.

La perte de marchés cruciaux a non seulement eu un effet défavorable et direct sur l’industrie bovine canadienne, mais s’est également traduite par une surabondance manifeste qui a entraîné la dépréciation des prix de tous les bovins, qu’ils soient animaux d’abattage, animaux d’engraissement ou veaux. Les prix ont dégringolé d’environ 40 % depuis mai 2003.

Les agriculteurs ont déclaré des niveaux accrus de bovins aux exploitations de naissage et aux exploitations de semi-finition pendant que le nombre d’animaux aux parcs d’engraissement a fortement chuté. Les naisseurs ont fait état de 9,5 millions d’animaux, en hausse de 1,5 %.

Le nombre de bovins aux exploitations de semi-finition, où les animaux sont nourris de fourrage grossier (foin et pâturage), a augmenté de 11,5 % pour atteindre 2,7 millions. Entre-temps, les parcs d’engraissement comptent 9 % moins d’animaux comparativement à la même période en 2002.

Les bovins, particulièrement le boeuf, prédominent davantage dans l’Ouest. Les trois quarts du cheptel national se trouvent dans l’Ouest, l’Alberta représentant à elle seule 38,5 % du cheptel canadien, ou environ 6,1 millions d’animaux.

Le secteur du bétail de l’Ouest canadien a crû plus rapidement que celui de l’Est, grâce en partie à l’avantage de nourrir les animaux à proximité des zones clés de production d’aliments pour animaux. L’abolition du tarif du Nid-de-Corbeau, qui permettait de financer le transport des céréales de l’Ouest, a donné un avantage concurrentiel aux producteurs à proximité des stocks d’aliments pour animaux.

Même si le secteur du boeuf s’est accru dans l’ensemble, il compte moins de producteurs selon les données du Recensement de 2001. En 2001, 122 000 exploitations ont déclaré des bovins, en baisse de 14 % par rapport à 1996 et de 34 % par rapport à 1981.

L’exploitation moyenne de boeufs compte 244 bovins, à l’exclusion des exploitations dont les ventes agricoles sont inférieures à 25 000 $. Le bétail se trouve aux exploitations de toutes tailles, sans qu’une taille ne domine. Les producteurs de boeuf dont les ventes sont supérieures à 500 000 $ détenaient 28 % des bovins au moment du recensement.

Le nombre de porcs demeure stable
Le nombre de porcs aux exploitations canadiennes a légèrement augmenté au deuxième trimestre de 2003. Au 1er juillet, les stocks de porcs aux exploitations sont demeurés à 14,6 millions de têtes, soit 0,2 % de moins qu’à la même période en 2002.

La croissance du secteur porcin a ralenti à la suite des récentes années d’expansion pendant lesquelles le taux de croissance annuel était souvent en moyenne de 5,0 %.

Dernièrement, de nombreux producteurs de porcs ont constaté une diminution de leur profit ou ont enregistré des pertes par suite de la diminution du prix des porcs et de la montée en flèche du prix des aliments pour animaux. À la suite des diminutions de prix aux États-Unis, le prix des porcs canadiens a chuté de 30,0 % depuis le sommet atteint à l’été 2001, mais commence maintenant à revenir avec peine à la normale.

Les rapports Statistiques de bovins (23-012-XIF, gratuit), Statistiques de porcs (23-010-XIF, gratuit) et Statistiques de moutons (23-011-XIF, gratuit) sont maintenant accessibles dans le site Web de Statistique Canada (www.statcan.ca). À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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