Les cultures malmenées par les conditions météo

Peu importe le type de culture, toutes sont affectées d’une manière ou d’une autre cette année par les conditions rendues difficiles par les sautes d’humeur de la météo. Dans son dernier rapport sur l’état des cultures, la Financière agricole rapporte que les retards dans les semis causés par la pluie se reflètent encore dans les champs avec en conséquence un décalage sur le calendrier habituel. C’est vrai pour le blé de printemps et le maïs sucré.

La Financière note également que le mois de juillet a été plus froid et sec qu’en temps normal. Le mercure a été inférieur de 1,4 degré Celsius en moyenne sur le territoire avec un maximum qui n’a pas excédé un degré. Il est tombé 13 à 122 mm durant le mois alors que la moyenne est de 78 à 127 mm. Certaines régions affichent un net déficit hydrique, comme le Bas-Saint-Laurent, alors que d’autres en ont eu trop (sud-ouest du Québec.

Le faible mercure a freiné la progression des cultures telles que le maïs-grain et le soya qui y sont plus sensibles.

Et comme si ce n’était pas assez, la grêle s’est mise de la partie. La Montérégie, Launaudière, Chaudière-Appalaches, Kamouraska, la Mauricie et la plaine d’Hébertville, au Saguenay-Lac-Saint-Jean ont gouté à cette médecine à des degrés divers. Le nombre d’avis de dommages pour cause de grêle depuis le début de la saison s’élevait au 1er août à 523 avis, comparativement à 419 pour l’ensemble de l’année 2016. Le nombre d’avis total est de 2209 contre 1669 à pareille date l’an dernier. Les indemnités versées à ce jour en assurance récolte sont de 1,8M$ comparativement à 1,6 pour la même période en 2016.

Constat dans les champs

Guillaume Doré, agronome pour Semences Pride en Montérgie, observe pour sa part que le soya est « beau » en général. Il remarque une différence entre ceux qui ont semé à la imite du calendrier et ceux qui ont été dans les premiers à semer, dans certains cas dès la fin avril. « Les semis dans cette date sont beaux et les rangs sont couverts. Ceux de juin sont plus courts. La bonne nouvelle est qu’on n’observe pas de maladie mais les prochaines semaines seront déterminantes de ce point de vue. » L’agronome ajoute que les producteurs ayant pu procéder à des traitements fongicides semblent avoir mieux tiré leur épingle du jeu.

Le maïs semble pour sa part avoir plus difficultés. La levée est inégale dans les champs et certains d’entre eux souffrent de sécheresse. « La pluie tombe de manière localisée depuis quelques semaines, ce qui crée un stress hydrique par endroit. »

Même si Semences Pride n’offre pas de céréales, Guillaume Doré a pu recueillir des commentaires de producteurs qui indiquent que les céréales de printemps semblent décalées cette année par rapport au calendrier habituel. Son travail l’amène aussi sur la route où il a pu voir dans les environs de Saint-Hyacinthe de nombreux champs de céréales. « C’est évident que le blé de printemps n’est pas encore prêt ».

La Financière notait un début de récolte de blé dans Lanaudière Laurentides-Laval (10 et 15% respectivement) et seulement de 1% en Montérégie (secteur Saint-Jean-sur Richelieu) en date du 1er août.

Luc Hébert, producteur à Saint-Germain de Grantham, avait débuté jeudi le 3 août dans un champ de blé d’hiver pour roder sa moissonneuse-batteuse. Après deux hectares, le rendement moyen était de 3,75TM/Ha, un rendement qu’il n’estime pas représentatif du reste de ses superficies puisqu’il a dû arroser en pré-récolte. « La mauvaise herbe s’en est donnée à cœur joie cette année avec la faible population dû à la mauvaise survie à l’hiver dans ma région ». Il en aura le cœur net après la récolte, si la pluie lui laissait le temps vendredi de progresser.

D’autres cultures en difficulté

La récolte de foin a été compliquée cette année par la pluie pour la première coupe et le manque de pluie pour la seconde. Le rendement est jugé bon pour la première avec une qualité sous la moyenne alors que c’est le contraire pour la seconde.

La récolte de petits fruits a aussi connu des hauts et des bas. Les bleuets pourraient connaitre une année sous la moyenne au niveau du rendement en raison du manque de pluie. L’année s’annonce dans la moyenne pour les pommes avec une bonne qualité, à l’exception des endroits affectés par la grêle.

Les maraichers ont affichent un léger retard mais se sont les maladies fongiques dans leurs cas qui leur compliquent la vie.

Les pluies de début de saison et le manque d’eau actuel laissent entrevoir des baisses de rendement potentielles chez les apiculteurs. Les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de l’Estrie déclarent jusqu’ici une faible récolte de miel.

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