Europe : la maladie de la vache folle proviendrait de l’Asie du Sud

Paris (France), 1er septembre 2005 – La maladie de la vache folle qui a frappé l’Europe a été importée en Grande-Bretagne par des aliments pour animaux et des os originaires d’Asie du Sud et incluant des restes humains repêchés dans le Gange, avancent des chercheurs britanniques dans la revue The Lancet.

Ces exportations destinées à l’alimentation animale ou à la fabrication d’engrais ont commencé dans les années 50 et ont duré jusqu’aux années 70, selon les deux experts britanniques en santé publique et science vétérinaire, auteurs de l’étude à paraître samedi.

Ces produits comportaient des restes de corps humains en partie calcinés lors de cérémonies funéraires hindoues et récupérés dans les eaux du Gange, et qui auraient pu être porteurs de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, maladie de la même famille que l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ou maladie de la vache folle.

L’ESB a été identifiée dans le cheptel bovin britannique à la fin des années 80, et les scientifiques estiment généralement que la maladie a touché ensuite les humains, via la consommation de viande contaminée, sous la forme du nouveau variant de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ).

Les deux pays européens les plus touchés sont la Grande-Bretagne avec 157 cas de nvMCJ et la France, 14.

La théorie de Alan Colchester, professeur de médecine et de sciences de la santé à l’Université de Kent, et de Nancy Colchester, du Collège de médecine et de médecine vétérinaire de l’Université d’Edimbourg, renverse en quelque sorte l’ordre chronologique de l’infection.

Selon eux, ce sont des humains qui ont infecté des vaches, et non l’inverse.

« L’ESB a été acquis depuis une (source) humaine, par la voie orale, via de la nourriture pour animaux contenant des matériaux d’origine mammifère contaminés par des restes humains, et venant du sous-continent indien », selon l’étude britannique.

« On sait que des restes humains sont inclus dans de la nourriture pour animaux préparée localement, et qu’ils pourraient encore être intégrés aujourd’hui dans des matériaux exportés », poursuit le texte.

Mais The Lancet publie également les critiques de deux neurologistes indiens, Susarla Shanka et P. Satishchandra, contre cette thèse. Les chercheurs de l’Institut national de santé mentale et de neurosciences de Bangalore relèvent que les maladies du prion (dont Creutzfeldt-Jakob fait partie) ne sont pas plus fréquentes en Inde qu’ailleurs, et qu’aucune étude ne prouve que les restes humains retrouvés dans le Gange véhiculent cette maladie.

Source : AFP

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