Face au Code de gestion des pesticides : l’industrie de l’horticulture ornementale craint une grande déception des citoyens

St-Hyacinthe (Québec), 31 mars 2006 – L’industrie de l’horticulture ornementale aimerait rappeler que le bannissement des pesticides amorcé par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) ne peut être viable que si le citoyen modifie ses attentes face à l’allure générale de sa pelouse et de son aménagement. « Nous craignons que plusieurs citoyens ne soient déçus, parce qu’ils se font dire depuis des années que ce bannissement ne changera rien dans les résultats obtenus » confie Jean Grégoire, président de la Fédération Interdisciplinaire de l’Horticulture Ornementale du Québec (FIHOQ). « La vérité, c’est qu’ils auront à faire des compromis. La survie de certains végétaux est même menacée.»

Il y a trois ans, l’industrie de l’horticulture ornementale a répondu à l’appel lancé par le MDDEP, et a adapté ses politiques à cette nouvelle réalité. Elle craint toutefois que les attentes du citoyen ne soient comblées par cette nouvelle réglementation. La FIHOQ, organisme représentant officiellement l’industrie, note ainsi, à travers différents sondages réalisés auprès de ses membres, que la population connaît peu les détails du Code et son application dans les faits.

« Bien que la majorité des citoyens souhaitent l’élimination des pesticides, cette même majorité s’attend à obtenir les mêmes résultats en utilisant des méthodes alternatives, sans savoir les implications réelles. Malheureusement, c’est un des aspects qui a été négligé par les groupes de pression dans leur campagne de sensibilisation auprès du grand public» souligne Luce Daigneault, directrice générale de la FIHOQ.

La FIHOQ a toujours préconisé l’approche de lutte intégrée et recommande la gestion intégrée des organismes nuisibles (GION) pour la réduction des pesticides. « Qui de mieux que ceux qui produisent, plantent et entretiennent les arbres pour comprendre la nature et son fonctionnement? Comme industrie, nous ne sommes pas pour les pesticides, mais plutôt pour la protection de notre patrimoine vert : nos aménagements, nos arbres et arbustes. Des milliards de dollars ont été investis au fil des ans dans la création d’aménagements publics et privés. À quel prix le consommateur pourra-t-il maintenant préserver ses acquis? L’industrie s’inquiète aussi de la survie de certaines espèces» ajoute Jean Grégoire.

« Oui, certains produits servant à la protection de notre patrimoine vert sont encore disponibles, mais très peu, c’est pourquoi il sera difficile de préserver bon nombre de végétaux, tant dans les grands jardins du Québec que chez les particuliers. La plupart de ces produits ne seront toutefois pas disponibles au détail pour le consommateur » précise Lise Gauthier, présidente de l’Association des jardineries du Québec.

Le consommateur devra de plus en plus se fier sur les experts de l’industrie s’il veut protéger son patrimoine végétal. C’est donc 1,8 millions de Québécoises et de Québécois qui chercheront des solutions ce printemps.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale (FIHOQ)
http://www.fihoq.qc.ca

Ministère Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec
http://www.menv.gouv.qc.ca

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