Faut-il s’inquiéter de la santé financière des fermes?

Le 6 septembre dernier, la Banque du Canada a haussé pour une seconde fois son taux directeur. De 0,75%, le taux appliqué par les banques est passé à 1%. Il s’agit d’une seconde hausse en quelques mois après sept ans de souplesse monétaire. La hausse des taux aura un impact en raison de l’endettement élevé de certaines fermes. Mais selon Financement agricole Canada (FAC), la situation financière des fermes demeure bonne. La valeur des actifs agricoles dans le secteur est solide par rapport à la dette agricole totale en cours, mais certaines difficultés pourraient survenir.

FAC rappelle que « d’un point de vue historique, les taux d’intérêt sont toujours extrêmement bas ». Le relèvement des taux est plutôt vu comme un « signal » indiquant qu’il faut se préoccuper davantage de planification financière et de gestion du risque.

Pour l’instant, les recettes générées dans le monde agricole sont suffisantes pour palier à la hausse des coûts d’emprunt. D’autres part, la valeur des terres devrait continuer de progresser mais à un rythme moins soutenu puisque les revenus provenant des terres sont moins importants qu’ils l’on été.

La valeur des terres et des bâtiments agricoles devrait s’apprécier à un taux moyen annuel de 4,0% en 2017 et de 1,0% en 2018. Cette baisse du taux d’appréciation est due principalement à une croissance plus modeste prévue du côté des recettes monétaires agricoles et une hausse des coûts d’emprunt.

Les recettes monétaires agricoles devraient augmenter de 1,5% en 2017, puis de 5,1% en 2018.

Les marchés financiers indiquent que le taux hypothécaire de cinq ans pourrait croître, passant d’un taux moyen de 3,7% en 2016 à 4,3% en 2017, puis à 4,6% en 2018.

FAC ajoute que « puisque les terres agricoles et la dette sont étroitement liées, la dette agricole totale en cours devrait également afficher un taux de croissance plus faible en 2017 et 2018  ».

La situation devrait demeurer sous contrôle en somme si la hausse future des taux est graduelle, ce qui évitera de mettre trop de pression sur les coûts d’emprunt. Une baisse des recettes monétaire agricoles pourraient toutefois compliquer le portrait. Les entreprises agricoles auraient donc tout avantage à avoir suffisamment de marge de manœuvre si jamais elles doivent modifier leurs plans d’affaires si les coûts liés à l’emprunt augmentent augmente trop rapidement, ou si la rentabilité est réduite.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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