Fièvre aphteuse: l’Europe continentale reste sur le qui-vive

Paris (France), 9 mars 2001 – Plus de deux semaines après le début de l’épidémie de fièvre aphteuse en Grande-Bretagne, le continent européen craint toujours de découvrir un premier cas avéré, les autorités françaises estimant qu’il faudrait un « miracle » pour qu’il soit épargné.

En Grande-Bretagne, les autorités ont annoncé vendredi que l’épizootie avait atteint « une seconde vague » touchant plus précisément les bovins, alors que 120 foyers de la maladie étaient identifiés.

« Beaucoup de foyers sont recensés actuellement et la maladie est clairement présente chez les bovins », a déclaré l’expert vétérinaire du gouvernement britannique Jim Scudamore, selon lequel l’épizootie est loin d’être à son terme et durera « encore longtemps ».

Des bovins ont déjà été contaminés par la fièvre aphteuse depuis le début de l’épizootie il y a trois semaines, mais selon les vétérinaires du gouvernement britannique, leur nombre augmente de façon importante, tandis que l’extermination des animaux continue.

A ce jour, 73.000 animaux ont été abattus et 27.000 sont sur le point de l’être. 713 exploitations agricoles sont en quarantaine et 141 autres ont été placées sous surveillance.

De vastes portions du territoire britannique pourraient être interdites à tout mouvement de bétail et de population pendant encore plusieurs mois.

Les experts d’Europe continentale estiment pour leur part que le danger sera écarté si aucun cas ne se déclarait d’ici la fin mars. En attendant, la vigilance reste extrême.

Ainsi à Copenhague, un nouveau cas « suspect » a été annoncé. Des aphtes ont été découvertes dans la bouche d’une vache provenant d’une ferme proche d’Esbjerg (ouest). Malgré un premier test qui s’est révélé négatif, les autorités vétérinaires ont annoncé des analyses supplémentaires sur le bovin. « N’importe quel signe suspect, même très faible, doit être examiné scrupuleusement », a déclaré Preben Willeberg, directeur vétérinaire à la direction des Produits alimentaires.

En France, 18 exploitations de 11 départements étaient isolées vendredi après une série de tests sur leurs moutons qui ont révélé 267 résultats positifs, c’est-à-dire des traces d’anticorps de la fièvre aphteuse.

Jusqu’à présent, sur les 50.000 moutons que la France a décidé d’abattre, 36.133 moutons ont déjà été effectivement « abattus et détruits ».

La situation est suffisamment alarmante pour que les autorités néerlandaises aient interdit le transport de bétail entre la France et l’Italie et les Pays-Bas. « Il s’agit en fait d’une conséquence des décisions prises (mardi) au niveau communautaire à Bruxelles », selon un porte-parole du ministère de l’Agriculture, Benno Bruggink.

D’ici le 27 mars, le transport de bétail reste interdit dans toute l’Union européenne – sauf vers les abattoirs ou « de ferme à ferme »- et tous les marchés aux bestiaux sont suspendus.

L’Italie est allée encore plus loin en fermant totalement ses frontières aux animaux susceptibles d’être atteints par la fièvre aphteuse provenant de l’Union européenne mais aussi d’autres pays.

En Allemagne, le gouvernement a décidé qu’il n’y aura aucun déplacement d’animaux à sabots fendus à partir de samedi. Les transports entre une exploitation et un abattoir ou entre deux fermes ne seront plus qu’exceptionnellement autorisés et ceux groupés de plusieurs exploitations vers un abattoir totalement interdits.

Les amateurs de sports continuent de subir les conséquences de l’épizootie. Après l’interdiction des courses de chevaux en Grande-Bretagne et de rennes dans les pays nordiques, la mairie d’Oviedo (nord de l’Espagne) a annulé l’épreuve de la Coupe du monde de sauts d’obstacles en salle, prévue du 29 mars au 1er avril.

Source : AFP

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