France : Lancement d’un nouveau centre pour mieux comprendre les maladies à prions

Tours (France), 11 février 2002 – Les ministres de l’Agriculture Jean Glavany et de la Recherche Roger-Gérard Schwartzenberg ont posé la première pierre, à Nouzilly (Indre-et-Loire), de la plus grande animalerie de France consacrée aux maladies à prions et permettant notamment l’accueil de bovins atteints de l’ESB.

Ce bâtiment, appelé « Installation nationale protégée pour la recherche sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles », sera construit sur 3000 m2 dans l’enceinte du centre de Tours-Nouzilly, le plus important de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) en termes de santé animale.

L’ouverture de cette unité est prévue en 2004, selon M. Schwartzenberg, qui a souligné qu’il n’y avait actuellement en Europe que trois animaleries de ce type, dont deux en Grande-Bretagne, le pays le plus touché par la maladie de la vache folle.

« Ce projet marque un nouvel élan pour la recherche sur les maladies à prions », a déclaré M. Schwartzenberg qui a rappelé la création en novembre 2000 du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) sur les prions. Le GIS pilote tous les projets de recherche en la matière et dépend des ministères de l’Agriculture, de la Recherche et de la Santé.

M. Glavany a souligné de son côté qu’un des enjeux de ce nouveau lieu de recherche était de pouvoir mettre au point des tests de diagnostic de l’ESB sur des bovins vivants.

« Cela permettra d’approcher la diversité des sources de prions dans la nature, par exemple de comprendre pourquoi le prion chez le mouton est dans tel organe alors que chez la vache il n’y est pas », a expliqué Dominique Dormont, président du GIS prions.

« La réponse à ces questions aura bien sûr des conséquences sur les maladies à prions humaines », tel que la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (nvMCJ), a-t-il dit.

« Etant donné que les maladies à prions humaines se caractérisent par l’accumulation d’une protéine du patient, toute avancée dans la connaissance de ces maladies a des répercussions sur d’autres maladies, caractérisées aussi par un mécanisme d’accumulation de protéine du patient telle que la maladie d’Alzheimer », a-t-il ajouté.

Importants coûts de fonctionnement

L’investissement représente 9,15 millions d’euros, financés pour moitié par l’Etat et pour l’autre moitié à parité par la région Centre et le département d’Indre-et-Loire. Le budget total affecté en France à la recherche sur les maladies à prions représente au total 39,6 M EUR.

Les syndicats CGT, CFDT et CFTC de l’INRA se sont inquiétés de savoir si cette nouvelle structure sera dotée des personnels en nombre suffisant. « Il manque 30 postes sur le centre de Tours et 500 sur l’ensemble de l’INRA », ont-ils affirmé dans un communiqué.

Une telle installation, qui requiert des normes de sécurité draconiennes de type A3 (les normes A4 étant réservées aux maladies les plus dangereuses comme la fièvre Ebola) entraîne aussi des coûts de fonctionnement très importants.

Un contrôle complet est assuré sur tout ce qui est susceptible d’en sortir tels que l’air, les déchets solides ou liquides et bien sûr les échantillons prélevés pour analyse.

L’animalerie comportera une étable pouvant accueillir une trentaine de bovins, une bergerie pour 200 ovins et d’autres locaux pour 6000 souris.

Tours était en concurrence avec Lyon où est installée l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) pour l’implantation de cette nouvelle structure. Les échantillons prélevés par les chercheurs de Nouzilly seront toutefois stockés dans une biothèque qui sera édifiée dans l’agglomération lyonnaise.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut national de la recherche agronomique (INRA)

http://www.corse.inra.fr/

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