France : une rentrée agricole obscurcie par l’austérité budgétaire

France, 5 septembre 2002 – « L’agriculture traverse une passe difficile » et même s’il est trop tôt pour avancer des chiffres, « le revenu des exploitants sera fortement secoué en 2002 », estime le patron de la FNSEA, (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), Jean-Michel Lemétayer. Les sources d’inquiétude à cet égard sont multiples : du refus de la grande distribution de cesser sa pression sur les prix des fournisseurs, au gel des Contrats territoriaux d’exploitation (CTE) en passant par la volonté de la Commission européenne de réformer profondément la Politique agricole commune (Pac).

La FNSEA, qui voudrait mettre un terme à l’opacité qui règne sur les marges, a obtenu que le secrétaire d’Etat au Commerce, Renaud Dutreil réunisse agriculteurs, représentants de la Distribution et des consommateurs entre le 16 et le 23 septembre à une date qui reste à fixer. Les prix à la consommation sont complètement déconnectés des prix aux producteurs, explique la FNSEA, provoquant des écarts que la centrale paysanne juge inadmissibles. Ainsi les prix du porc, demeurés stables au détail, ont baissé de 14% ces 12 derniers mois. Les prix des fruits et légumes ont baissé de 7,6% en rayon, alors que le prix au producteur s’est effondré de 21,5%.

La deuxième source d’inquiétude des agriculteurs est liée à la suspension début août des Contrats territoriaux d’exploitation. Initialement boudés par les agriculteurs, ces contrats verts sont finalement devenus un complément de revenu précieux pour certains d’entre eux. Or le ministre de l’Agriculture a repéré là des dérives, qui ne s’accommodent pas du tout des efforts de rigueur budgétaire que lui demande Bercy. Et la profession craint que les agriculteurs qui ont déjà entamé des travaux dans ce cadre n’en soient purement et simplement pour leurs frais.

Autre sujet majeur de préoccupation, le risque de voir mettre en œuvre dès 2003 une réforme profonde de la politique agricole commune, qui se traduira par une nouvelle baisse des prix et la disparition de nombreuses protections communautaires.

De quoi alimenter la grogne « dans les campagnes, où le moral est loin d’être au beau fixe », et où on attend que « le gouvernement affiche clairement l’agriculture parmi ses priorités ».

Source : Les Échos

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