Grippe aviaire: interrogations sur les chats

New York (États-Unis), 5 avril 2006 – Mieux vaut éviter de laisser sortir son chat si l’on habite dans une région touchée par la grippe aviaire car le risque de propagation du virus H5N1 par les félins est sous-estimé, selon un article publié dans « Nature » par des chercheurs américains. D’autres spécialistes se montrent moins alarmistes.

En France, l’Agence de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a recommandé le 3 mars de confiner les matous dans les zones infectées et de surveiller les causes de mortalité des chats. Ailleurs en revanche, écrit-elle, « le risque d’infection du chat est nul ».

Les auteurs de l’article de « Nature » soulignent pour leur part que les chats peuvent être infectés par le virus H5N1 et que des expériences de laboratoires démontrent qu’ils peuvent se transmettre la maladie entre eux. Personne ne sait toutefois si les félins peuvent ensuite transmettre le virus à l’homme ou à la volaille.

Toutefois le manque de connaissances des scientifiques sur l’infection des chats par le H5N1 rend difficile l’évaluation du risque qu’ils représentent une fois infectés, estiment le virologue Albert Osterhaus, du Centre médical Erasmus de Rotterdam, et Peter Roeder, de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des Nations unies.

Dans ces conditions, déclarent-ils, « nous croyons que le rôle potentiel des chats devrait être suivi de près dans les directives officielles pour contrôler la propagation du virus H5N1 ». Ils recommandent de garder les minous à l’écart des oiseaux infectés ou de leurs fientes et placer en quarantaine et tester les félins qui auraient pu avoir de tels contacts ou montreraient des symptômes suspects.

Le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies, une agence de l’Union européenne, conseille lui aussi de ne pas laisser sortir les chats vivant à moins de 10 km d’un endroit où a été trouvé un oiseau infecté par le H5N1.

Certains spécialistes trouvent toutefois prématuré de recommander le confinement. Les scientifiques doivent d’abord en apprendre davantage sur le rôle éventuel des chats dans la propagation du H5N1, estime le Dr Arnold Monto, de l’Ecole de médecine publique de l’Université du Michigan (centre des Etats-Unis).

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa)
http://www.afssa.fr

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