Grippe aviaire: premières aides versées dès lundi en France

Paris (France), 5 mars 2006 – Les acteurs de la filière avicole, frappés de plein fouet par la crise de la grippe aviaire, devraient recevoir dès lundi les premières aides des pouvoirs publics alors qu’une réunion est prévue en fin de semaine à Matignon pour faire le point sur la situation.

« Les aides seront chez les éleveurs demain » (lundi), a affirmé dimanche le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau sur France Inter.

Le 23 février, le Premier ministre a annoncé une enveloppe complémentaire de 52 millions d’euros pour aider la filière avicole, qui s’ajoute aux 11 millions d’euros déjà mobilisés. Mais le déblocage de ces indemnisations était suspendu à l’accomplissement de certaines procédures administratives.

La circulaire portant répartition des crédits par région a été signée vendredi par Dominique Bussereau et par Jean-François Copé, ministre délégué au Budget. Les « enveloppes » ont été notifiées aux préfets de région « pour une “mise en oeuvre immédiate”, selon le ministère de l’Agriculture.

Ces aides se répartissent en trois catégories: environ 20 millions d’euros « dans un premier temps » pour les éleveurs, 30 à 35 millions pour les entreprises et une enveloppe pour financer une campagne télévisée afin d’inciter les Français à consommer de la volaille, a détaillé le ministre. Cette campagne sera lancée à partir de la troisième semaine de mars.

Ce dispositif s’adresse à tous les éleveurs de volailles, dits spécialisés, dont le chiffre d’affaires en volailles est supérieur ou égal à 25% de leur activité totale. Une mesure d’« indemnisation particulière » est prévue pour les éleveurs situés dans le périmètre de protection défini autour du foyer découvert dans l’Ain.

La France devrait également notifier la semaine prochaine à la Commission européenne une mesure de soutien spécifique aux éleveurs engagés dans des filières de qualité, particulièrement affectés par l’obligation de confinement.

Par souci de rapidité, les fonds versés à partir de lundi seront considérés comme des « avances sur la base de déclarations sur l’honneur », a expliqué M. Bussereau.

« Ce plan d’aide a été mis au point avec les éleveurs (…) pour répondre aux premiers besoins. Naturellement nous sommes d’accord avec la filière sur le fait qu’il y aura des mesures complémentaires », a-t-il poursuivi.

Une réunion « pour faire le point » doit se tenir en fin de semaine prochaine à Matignon sous l’égide du Premier ministre Dominique de Villepin, « certainement jeudi ou vendredi », avec l’ensemble de la filière (éleveurs, industriels, consommateurs).

« A cette occasion, nous aurons véritablement une vision plus complète des pertes et nous pourrons adapter nos mesures », a ajouté le ministre.

Côté industriels, les mesures fiscales et de soutien aux entreprises les plus en difficulté seront précisées la semaine prochaine et des mesures complémentaires sont en cours de finalisation avec les organisations professionnelles et la Commission européenne.

Par ailleurs, les dispositifs d’indemnisation de chômage partiel ont été assouplies et une nouvelle instruction permettra dès la semaine prochaine une indemnisation du coût total de chômage partiel.

Industriels et syndicats estiment que 8 000 à 10 000 emplois sont menacés dans les prochains mois en raison d’une aggravation de la crise (arrêts d’exploitation, non-renouvellement de contrats). Cela représente environ 15% des emplois de la filière.

Source : AFP

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