Hausse du prix du lait: l’Institut économique de Montréal s’attaque à la gestion de l’offre

Montréal (Québec), 1er février 2005 – L’Institut économique de Montréal (IEDM) profite de l’entrée en vigueur de la hausse du prix du lait décidée par la Commission canadienne du lait pour mettre en lumière les coûts élevés que doivent supporter les consommateurs et les industries utilisatrices de lait en vertu du système de gestion de l’offre laitière actuellement en vigueur au Canada.

Basée sur des tarifs douaniers exceptionnellement élevés et sur un contrôle administratif des prix, de la commercialisation et des quantités de lait produite, la gestion de l’offre se traduit pour les Canadiens, selon des chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OECD), par des prix deux à trois fois plus élevés que les prix mondiaux du lait depuis 1986.

« Ces prix domestiques artificiellement élevés correspondent en réalité à un impôt implicite que les agriculteurs ont été autorisés à prélever sur les consommateurs par les pouvoirs publics, » estime Valentin Petkantchin, auteur de Production laitière: les coûts de la gestion de l’offre au Canada, une Note économique publiée aujourd’hui par l’IEDM.

« Les coûts du système de gestion de l’offre, précise le directeur de la recherche de l’IEDM, se trouvent répercutés dans les prix de détail et sont financés en bout de ligne par des transferts de revenu des consommateurs vers les agriculteurs canadiens, ces derniers recevant par ailleurs également des subventions soutenues par les contribuables. »

Un système fermé
Un producteur de lait devait débourser en moyenne 22 000 $ pour le obtenir le quota requis pour exploiter une vache et en vendre le lait au Canada en 2002. Paradoxalement, il faut débourser pratiquement autant pour obtenir les quotas que pour les actifs réellement indispensables à la production laitière comme les animaux, les terres et les bâtiments, les machines ou le matériel agricole.

« À l’évidence, écrit Valentin Petkantchin, les quotas sont devenus une barrière à l’entrée pour ceux qui voudraient lancer une nouvelle entreprise dans ce secteur. »

Ailleurs dans le monde
Le document de l’IEDM rappelle que le système canadien de gestion de l’offre laitière est sous pression, que ce soit pour ses tarifs douaniers qui sont appelés à disparaître ou pour ses pratiques de fixation des prix pour lesquelles le Canada a déjà été condamné par l’Organisation mondiale du commerce.

Puisqu’il faudra tôt ou tard réformer le système, Valentin Petkantchin suggère que le Canada s’inspire des réformes mises en oeuvre en Nouvelle-Zélande et en Australie, deux pays où le transfert de revenu vers les producteurs de lait par un soutien des prix domestiques est maintenant inexistant.

Cette Note économique a été transmise aux ministres de l’Agriculture et aux Offices de commercialisation de toutes les provinces canadiennes. Le ministre fédéral de l’Agriculture et les dirigeants de la Commission canadienne du lait en ont également reçu copie.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut économique de Montréal (IEDM)
http://www.iedm.org

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