Il est temps de passer à l’action les producteurs laitiers rencontrent ministres et députés

Saguenay (Québec), 20 août 2002 – Le Conseil d’administration des Producteurs laitiers du Canada a rencontré les ministres de l’Agriculture et du Commerce international, l’Exécutif du caucus rural et plusieurs autres députés clés.
Les producteurs ont exprimé leur inquiétude devant l’effritement de deux des
trois piliers qui appuient la gestion de l’offre du lait au Canada : le
contrôle des importations et des revenus du marché adéquats.

« Le gouvernement fédéral a les outils pour répondre à ces enjeux qui
minent sérieusement la gestion de l’offre, a affirmé Leo Bertoia, président
des Producteurs laitiers du Canada. Le gouvernement affirme souvent son appui
à la gestion de l’offre. Nous sommes venus ici pour demander aux élus de
joindre le geste à la parole et de travailler avec les producteurs pour mettre
fin à l’effritement du système. »

Les contingents tarifaires (CT) limitent les importations de produits
laitiers traditionnels afin de permettre à l’industrie d’équilibrer l’offre de
lait et la demande de produits laitiers. Cependant, le lait canadien est
supplanté par d’autres produits importés conçus pour déjouer les contrôles
frontaliers du Canada. Depuis 1995, nous avons observé une explosion de
l’ordre de 557 % des importations de mélanges d’huile de beurre, une
augmentation de 178 % des importations de caséine et caséinates et une

croissance des importations de lactosérum et dérivés de 75 %.

Les augmentations considérables des importations non contrôlées ont fait
perdre plus de 80 millions de dollars aux producteurs en 2000?2001. A moins
d’une action immédiate, l’industrie risque de perdre environ 250 millions de
dollars par an alors que les importations remplacent le lait produit au
Canada.

« Plus de 1 000 producteurs de tous les coins du pays se sont rendus au
Saguenay pour marquer leurs préoccupations au sujet de l’effritement de la
gestion de l’offre, a déclaré Jean Grégoire, premier vice-président des PLC.
Le gouvernement doit mettre un terme au contournement des contrôles
frontaliers, qui abaisse les revenus des producteurs. Chose qui n’aide pas,
74 % des producteurs laitiers éprouvent des difficultés à couvrir leur coût de
production. L’engagement qu’a pris la Commission canadienne du lait de
rajuster le prix de manière que 50 % d’entre eux puissent couvrir leur coût de

production d’ici 2006 conserve toute son importance. »

Les producteurs ont aussi marqué leurs préoccupations au sujet des
lacunes des règlements sur la composition et l’étiquetage des produits
laitiers : « Des termes comme “substances laitières modifiées” sont trop
ambigus! Donnons aux consommateurs une information claire sur ce qu’ils
mangent, a dit M. Bertoia. L’industrie veut promouvoir les produits laitiers
faits à 100 % de lait canadien avec le logo Lait de qualité. Mais ses efforts
sont minés par la faiblesse de la réglementation et le manque de volonté
d’appliquer les règlements existants. »

« La gestion de l’offre, c’est la stabilité pour l’industrie et de
meilleurs prix pour les consommateurs, a ajouté M. Bertoia. Une vigoureuse
industrie opérant en gestion de l’offre signifie que le gouvernement n’a pas à
combler les déficits de revenus des producteurs qu’entraîne l’instabilité des
prix. Le gouvernement s’est toujours dit pour la gestion de l’offre. Les
actions sont plus éloquentes que les paroles! Nous comptons sur ces ministres
et le caucus rural pour qu’ils agissent dans les mois à venir », conclue
M. Bertoia.

Importations

Les frontières sont-elles des passoires?

Des mesures efficaces et appropriées à la frontière assurent que les importations sont limitées aux niveaux indiqués par les contingents tarifaires (CT). Les CT correspondent au 5 % d’accès au marché convenu lors de la dernière ronde de l’OMC. Des contrôles frontaliers adéquats comprennent aussi les tarifs et la bonne classification des produits qui entrent au Canada.

La directive de contenu laitier de 50 % au Canada pour les CT a entraîné la création d’ingrédients et de mélange de produits qui contournent les CT. Le contournement des CT érode sérieusement la gestion de l’offre. Étant donné la faiblesse de cette directive, les mélanges de sucre et d’huile de beurre sont importés sans tarif et supplantent le lait canadien pour la crème glacée. Les importations des mélanges d’huile de beurre ont augmenté de 557 % depuis 1995.

Les importations d’autres produits qui ne sont pas soumis aux CT, comme la caséine et les produits de caséine ainsi que le lactosérum et ses dérivés, ont aussi beaucoup augmenté depuis 1995 : la caséine et les produits de caséine d’environ 178 %, le lactosérum et ses dérivés d’environ 75 %.

Ces produits ne sont pas soumis aux CT comme les produits laitiers traditionnels tels que le fromage, le yogourt et la crème glacée, mais ils supplantent cependant le lait produit au Canada pour la fabrication des produits laitiers. Ils contribuent aussi au surplus de poudre de lait écrémé qui abaisse les revenus des producteurs. Puisque les producteurs assument les coûts de gestion de l’équilibre de l’offre et de la demande dans le système, les revenus des producteurs s’effritent.

Les CT pour les produits traditionnels comme le fromage, le beurre, la crème glacée, le yogourt et le lait ne protègent plus l’offre intérieure du lait pour les produits laitiers. La réglementation et la législation pour arrêter l’importation des produits spécifiquement conçus pour contourner les contingents tarifaires du Canada sur les produits laitiers doivent être renforcées.

Juger un produit par l’étiquette?

Des ÉTIQUETTES qui informent

Traditionnellement, le premier ingrédient dans le fromage était toujours le lait et dans la crème glacée, c’était la crème. Le premier ingrédient dans les listes d’ingrédient de ces produits peut maintenant être « substances laitières modifiées », un terme vague qui ne fournit pas une information pertinente au consommateur.

Comme les contingents tarifaires sont descriptifs de nature, de nouveaux ingrédients sont facilement créés pour les contourner. Le manque de volonté de faire respecter l’esprit des contingents tarifaires – de limiter les importations afin que l’industrie puisse équilibrer l’offre et la demande de façon efficace – encourage le contournement. Il est important d’appliquer la réglementation nécessaire pour arrêter l’importation des produits spécifiquement conçus pour contourner les contingents tarifaires du Canada sur les produits laitiers.

Les normes canadiennes pour la production du lait sont parmi les plus strictes dans le monde. Par le biais de son Cadre stratégique pour l’agriculture, le Gouvernement du Canada lance une initiative visant à s’assurer que l’expression « Produit du Canada » évoque l’excellence dans le monde entier. Le programme du logo Lait de qualité des Producteurs laitiers du Canada sert à faire la promotion des produits laitiers fabriqués avec du lait canadien.

Les normes actuelles d’étiquetage et de composition sont suffisamment faibles pour permettre à plusieurs ingrédients (canadiens ou importés) de se retrouver dans les produits laitiers canadiens. Par exemple, les importations non contrôlées supplantent les composantes traditionnelles du lait dans le fromage, le yogourt et la crème glacée au Canada. Il est important que la réglementation sur l’étiquetage soit renforcée.

Les consommateurs demandent plus de renseignements sur les caractéristiques d’un produit au-delà des pratiques traditionnelles d’étiquetage sur la composition. Le terme « substances laitières modifiées » est ambigu. Lorsque les ingrédients importés et canadiens sont regroupés sous l’étiquette « substances laitières modifiées », il est impossible de savoir si un produit est canadien à 100 %.

Si les consommateurs disposaient de renseignements précis sur les ingrédients, ils sauraient exactement la composition des produits laitiers qu’ils achètent. Supprimer le terme « substances laitières modifiées » et énumérer les ingrédients réels utilisés fourniraient des renseignements précis, permettraient de promouvoir les produits fabriqués à partir du lait canadien à 100 % avec le logo Lait de qualité et offriraient une solution à la mauvaise perception laissée aux consommateurs par ce terme.

Un bon prix pour du bon lait!

Revenu des producteurs

Un des objectifs de la Loi sur la Commission canadienne du lait (1966) est « de permettre aux producteurs dont l’entreprise est efficace d’obtenir une juste rétribution de leur travail et de leur investissement ».

Depuis l’adoption de cette Loi, les producteurs laitiers ont accru considérablement leur efficacité. En 1970-1971, il y avait 122 194 fermes laitières au Canada. En 2000-2001, ce nombre n’était plus que de 19 369. Au cours des trente dernières années, le nombre moyen de vaches par ferme a triplé, passant de 20 à 60. Le nombre total de vaches laitières au Canada a diminué de moitié même si plus de lait est produit. Cette rationalisation n’a pas affecté le maintien de la stabilité de l’offre de lait pour les Canadiens. La stabilité des prix a mené à des prix raisonnables pour les consommateurs. Comme l’indiquent les enquêtes semestrielles, les produits laitiers de qualité coûtent toujours moins cher au Canada qu’aux États-Unis.

Cependant, le revenu par litre pour les producteurs n’a pas connu de véritable croissance au cours de la dernière décennie. Dans les années 90, la subvention laitière, qui visait à l’origine à maintenir les prix à la consommation à un bas niveau, a été graduellement éliminée.

Les Producteurs laitiers du Canada estiment que les producteurs laitiers d’aujourd’hui sont efficaces. C’est une perception que confirment des sondages menés auprès des députés, de fonctionnaires et des consommateurs. Les résultats révèlent que 85 % des Canadiens pensent que les producteurs laitiers et les autres producteurs sous gestion de l’offre sont efficaces. Les Canadiens appuient la gestion de l’offre, qui est synonyme de stabilité sans subventions!

Par contre, 74 % des producteurs laitiers éprouvent de la difficulté à couvrir leur coût de production. En janvier 2002, la Commission canadienne du lait a pris l’engagement de rajuster le prix du lait de manière que 50% des producteurs puissent couvrir leur coût de production d’ici 2006.

Les trois piliers de la gestion de l’offre sont étroitement liés. Les importations ont une influence sur les revenus des producteurs et il faut un contrôle frontalier efficace pour assurer le maintien de l’équilibre entre l’offre de lait et la demande de produits laitiers.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international

http://www.dfait-maeci.gc.ca/

Producteurs laitiers du Canada (PLC)

http://www.bureaulaitier.org/

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