Importation de protéines laitières : le gouvernement doit intervenir

Longueil (Québec), 1er février 2006 – Une décision rendue le 31 janvier par la Cour fédérale ouvre la porte à l’importation de concentrés de protéines laitières en provenance de pays européens qui subventionnent lourdement leur production et leur exportation. « C’est un jugement incompréhensible quipourrait coûter des centaines de millions de dollars annuellement auxproducteurs de lait québécois et canadiens. Nous ne recevons aucunesubvention. On ne peut pas nous demander de concurrencer le trésor européen. »a déclaré M. Marcel Groleau, président de la Fédération des producteurs delait du Québec, en réaction au jugement.

Depuis plusieurs années, on constate une croissance importante desimportations d’ingrédients laitiers conçus pour contourner les contrôlesdouaniers. Les principaux produits en cause sont des protéines laitièresconcentrées et des huiles de beurre. Ces produits grugent la part de marchédes producteurs laitiers canadiens. Ainsi, les producteurs ont perdu 50 % dumarché de la crème glacée en 10 ans à cause des importations d’huiles debeurre utilisées pour remplacer la vraie crème. On estime que le dernier-né deces ingrédients, celui visé par la décision de la Cour fédérale, pourraitremplacer à court terme près de 15 % de la protéine laitière canadienne.

En juin 2005, le ministre fédéral de l’Agriculture, Andy Mitchell, s’estengagé à prendre une série de mesures pour colmater cette brèche. L’appel enCour fédérale d’un mauvais classement tarifaire de ce concentré de protéinespar le Tribunal canadien du commerce extérieur en faisait partie.

« La balle revient maintenant dans le camp du gouvernement fédéral. Ildoit assumer ses responsabilités et stopper l’hémorragie conformément à sesengagements vis-à-vis des producteurs » a affirmé M. Groleau.

Les transformateurs laitiers canadiens profitent du laxisme dugouvernement fédéral pour importer ces ingrédients subventionnés à des prixtrès avantageux. Malgré les économies réalisées par l’utilisation de ces« ingrédients à rabais », on observe sur le marché que les produits laitiers quien contiennent ne sont pas vendus moins chers aux consommateurs canadiens.

Les consommateurs peuvent retracer ces ingrédients importés en lisant lesétiquettes des produits laitiers qu’ils achètent. S’ils désirent des produitsentièrement faits de laits québécois et canadiens, ils doivent éviter ceuxdont la liste des ingrédients contient des « substances laitières modifiées ».C’est souvent derrière ce terme fourre-tout que se cachent les ingrédientsimportés.

La Fédération des producteurs de lait du Québec représente les quelque7 400 fermes laitières de la province. Les producteurs québécois livrentannuellement plus de 2,9 milliards de litres dont la vente totalise desrecettes à la ferme de près de deux milliards de dollars. La productionlaitière génère quelque 47 000 emplois et plus de 8 milliards de dollarsd’activité économique.

Pour plus d’information sur le dossier des ingrédients laitiers importés, consultez le site Le lait équitable.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Le Lait Équitable (laitequitable.ca)
http://www.laitequitable.ca

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