Jean-Marie Le Pen se prononce contre une « Europe agricole »

Paris (France), 27 février 2002 – Le président du Front national Jean-Marie Le Pen, candidat pour la quatrième fois à l’élection présidentielle, rappelle son refus d’une Europe agricole.

« A partir du moment où les frontières sont ouvertes, la France agricole est condamnée », a-t-il dit lors d’une visite de deux heures et demie au 39e Salon international de l’agriculture, à la porte de Versailles à Paris.

Lors d’une brève conférence de presse, il a présenté son « carré magique » de propositions pour l’agriculture, estimant que « le slogan du couple Jospin-Chirac, c’est ” attendre et voir mourir ” ».

« Le pouvoir a préféré les sauvageons de banlieue aux paysans (…) Toutes les quinze minutes, une ferme disparaît », a-t-il accusé.

Accueilli par les applaudissements de militants et sympathisants à la sortie du stand des Brasseurs de France, point de départ de sa visite, le président du FN était accompagné de ses lieutenants Bruno Gollnisch et Jean-Claude Martinez.

Après une première halte à un stand d’agriculture biologique, Jean-Marie Le Pen, entouré d’un service d’ordre d’une douzaine de personnes, dont certaines portaient l’épinglette du DPS (Département protection sécurité), a confié son espoir d’être au second tour de la présidentielle.

« Le malaise généralisé des banlieues, ça peut me faire passer le premier tour », assure-t-il. Les sondages le créditent actuellement de 7 à 11% des voix.

« Faut pas le provoquer, le malaise! », lui lance un visiteur.

Un peu en retrait, un père dit à sa fille: « Regarde, tu l’as vu aux Guignols hier! »

Jean-Marie Le Pen poursuit son chemin au rythme des « Le Pen, président! » scandés par ses militants, auxquels répondent quelques cris hostiles dans les allées du salon.

« On va aller dire bonjour à Jean-Marie »

Des militants du Front national de la jeunesse, vêtus de sweaters floqués du slogan « Jean-Marie Le Pen pour les campagnes de France », distribuent des stylos, des badges et une retranscription du discours de leur candidat tenu à Tours le 26 janvier.

« L’agriculture est importante pour moi, c’est la première activité en France », déclare Jean-Marie Le Pen en sirotant un verre de Gewurztraminer.

« Je ne comprends pas que M. Chirac, M. Jospin, et même M. Chevènement soient sortis indemnes de leur visite. »

« Bravo, bravo! », clament en choeur des dames âgées qui suivent le candidat à la trace.

Bruno Gollnisch promet à l’une d’elles qu’elle pourra aller saluer son idole: « On va aller dire bonjour à Jean-Marie, ne vous inquiétez pas. »

Jean-Marie Le Pen se plie au protocole. Mais les huées s’intensifient et les dépliants déchirés commencent à pleuvoir sur le cortège du FN.

Le président du parti d’extrême droite, touché au visage par l’un des projectiles, se réjouit, la voix enrouée: « Ça commence à chauffer ! ». Puis il brandit fièrement un jambon de porc noir gascon en scandant: « Je suis avec vous! »

Jean-Marie Le Pen, qui a achevé sa visite au stand d’élevage de vaches flamandes, quitte le salon sous une bordée de sifflets, accompagné par les photographes et les caméras de télévision.

« Les journalistes, c’est un peu notre baromètre. Vu le nombre de micros et de caméras, on sera au deuxième tour », juge la fille du président du FN, Marine Le Pen.

Source : Reuters

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