José Bové convoqué pour diffamation envers des fabricants d’aliments

Paris (France), 27 juillet 2001 – Le leader de la Confédération paysannne José Bové est convoqué lundi par un juge d’instruction parisien en vue de sa mise en examen pour complicité du délit de diffamation publique envers des fabricants d’aliments pour animaux.

Cette convocation fait suite à une plainte du Syndicat national de la nutrition animale (SNIA), après des déclarations dans la presse du porte-parole du syndicat agricole mettant en cause la responsabilité des industriels dans la crise de la vache folle.

José Bové avait affirmé à plusieurs reprises que le déclenchement et la propagation de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) étaient liés à la consommation par les bêtes infectées de farines animales.

« Il est assez paradoxal que des fabricants d’aliments, qui sont en grande partie responsables de la crise de l’ESB, poursuivent des agriculteurs qui ont osé dénoncer leurs pratiques mafieuses », a déclaré à l’Associated Press Jean-Emile Sanchez, secrétaire national du syndicat agricole. « Nous allons profiter de cette convocation pour nous faire entendre à nouveau ».

La Confédération paysanne prévoit un rassemblement de soutien devant le Palais de Justice de Paris, lundi à 15h45.

De son côté, le président du Syndicat national de nutrition animale (SNIA), Yves Montecot, a expliqué défendre par cette plainte, déposée fin 2000, « l’image de la profession détériorée par les déclarations de M. Bové ».

« On ne peut pas laisser dire que les fabricants d’aliments ont importé des farines animales », a-t-il ajouté. « Rien n’a été avéré. Il n’y a pas eu d’importation illégale, comme l’ont d’ailleurs noté les rapports des commissions parlementaires ».

Lors d’une de ses « actions » en 1996, la Confédération paysanne avait notamment « emprunté » un dossier des Douanes faisant état de l’importation, entre 1988 et 1996 « de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de farines animales britanniques », directement en France ou via la Belgique, malgré une interdiction depuis 1989. Le syndicat a déposé plainte dans cette affaire.

Dans un rapport publié en juin, une commission parlementaire déplore que des farines aient pu pénétrer sur le territoire français en 1988-1989, alors que la Grande-Bretagne a interdit les farines animales dès 1988.

Quant à la commission sénatoriale, elle a battu en brèche dans un rapport publié en mai « l’hypothèse d’une contamination des bovins français du fait d’importations frauduleuses de farines britanniques, après le 13 août 1989, date de leur interdiction sur le territoire national ». « La piste de l’importation illégale et massive de +farines+ britanniques n’a pu être vérifiée », a-t-elle observé.

Source : AP

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