L’urée du lait, miroir de la nutrition des vaches

L’urée du lait informe l’éleveur sur l’efficacité d’utilisation des protéines dans le rumen de ses vaches.

Les chercheurs de l’École de médecine vétérinaire de l’Université de Pennsylvanie travaillent depuis plus d’une décennie sur les moyens de réduire l’excrétion d’urée dans le lait et d’azote dans l’urine, tout en maintenant ou en augmentant la productivité des vaches. L’alimentation est utilisée pour réduire ces deux rejets et accroître l’efficacité d’utilisation des protéines et des sucres de la ration.

L’urée du lait est un paramètre facilement mesurable: plus il y a d’urée dans le lait, plus il y a d’azote excrété dans l’urine. L’urée du lait devrait se situer en dessous de 12 milligrammes par décilitre de lait pour minimiser les rejets et optimiser l’utilisation des protéines de la ration. Des troupeaux à haute productivité affichent même des valeurs d’urée du lait se situant entre 8 et 10 mg/dl.

Bien que l’alimentation en protéines influence ces deux paramètres, elle n’est pas le seul facteur en cause. Un excès de protéines totales ou de protéines solubles dans la ration des vaches augmente les rejets d’azote, mais un manque de sucre disponible dans le rumen peut aussi occasionner le même phénomène.

Un exemple est donné par les docteurs Linda Baker et Robert Munson dans la figure ci-contre. Il s’agit d’un troupeau de 350 vaches dont une grande quantité de grains de maïs se retrouvaient dans le fumier des vaches. Lors du passage des deux experts sur cette ferme, ils ont proposé à l’éleveur de réduire la finesse de mouture du maïs pour accroître la disponibilité de l’amidon dans le rumen. Cette recommandation a été appliquée dès le 18 février, tel qu’indiqué dans la figure. Deux jours plus tard, l’urée du lait avait considérablement diminué passant de 16 mg/dl à 12 mg/dl. Une réduction de quatre unités d’azote dans l’urine représente 50 grammes d’azote de moins dans l’urine de chacune des vaches par jour ou 5300 kg d’azote de moins dans la fosse à fumier pour ce troupeau en un an. L’excès d’azote éliminé par les reins nécessite également plus d’eau. Cette réduction de l’urée du lait se traduit donc par un volume d’urine moins grand à gérer pour l’entreprise. La diminution d’urée du lait s’est accompagnée par une augmentation de la productivité des vaches d’un kilogramme par vache par jour.

L’analyse de l’urée du lait peut être réalisée pour chacune des vaches ou pour un échantillon du réservoir à lait par Valacta. Elle est un outil indispensable et complémentaire à un excellent suivi alimentaire du troupeau. Cette mesure devrait être réalisée lors de tout changement alimentaire pour s’assurer de l’efficacité d’utilisation de l’azote et des sucres par le rumen des vaches.

Source: Hoard’s Dairyman

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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