La Confédération paysanne relance la polémique sur les OGM

Paris (France), 23 août 2001 – L’arrachage de près de mille mètres carrés de plants de maïs transgéniques à Beaucaire (Gard) par des militants anti-OGM a provoqué jeudi une certaine cacophonie au sein du gouvernement.

« La France est un Etat de droit (…) et personne ne peut s’arroger le droit de détruire quelque chose qui ne vous plairait pas », a réagi le ministre de l’Agriculture Jean Glavany après la destruction mercredi par près de 150 membres de la Confédération paysanne et d’ATTAC de plusieurs centaines de plants de maïs transgénique à Beaucaire (Gard) dans l’exploitation agricole expérimentale du groupe américain Monsanto. Celui-ci a déposé plainte.

Dans la nuit du 10 au 11 août déjà, un commando de l’association Les Limes à grains avait détruit près de Valence (Drôme) 2500 mètres carrés de maïs transgénique sur des parcelles appartenant à la société Meristem Therapeutics.

Les militants de la Confédération paysanne « ne sont pas des justiciers chargés de dire le droit en France », a lancé jeudi M. Glavany, estimant qu’il fallait « laisser la porte ouverte sur la recherche ».

« Restons une société cartésienne, qui pratique le libre examen et le débat et non le diktat et les actions de force », a également demandé dans un communiqué le ministre de la Recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg, qui ne veut « ni idéaliser, ni diaboliser les OGM ». Pour lui, « ce qui est en cause, c’est le droit de savoir, pour disposer du pouvoir de décider ensuite en toute connaissance de cause ».

Mais le son de cloche était tout différent du côté du ministère de l’Environnement. Si Yves Cochet a déclaré ne pas pouvoir « soutenir ces actes illégaux » en tant que « membre du gouvernement », il a néanmoins estimé que les « problèmes posés par la Confédération paysanne sont des vrais problèmes ». Et de réclamer « un débat sur la finalité et les objectifs de la culture plein champ des OGM ».

M. Cochet a ainsi apporté son soutien à ce qui est une des revendications de la Confédération Paysanne. Si elle n’est pas opposée à l’expérimentation de plantes transgéniques, l’organisation de José Bové désaprouve que cela ait lieu en plein air, préconisant une expérimentation en serre. Elle dénonce en effet les riques de dissémination, en s’appuyant sur les travaux de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), qui avait récemment confirmé la présence « à une teneur très faible » d’OGM dans les semences conventionnelles en France, tout en estimant qu’il n’y avait pas de « risques pour la santé publique ».

« Ce problème est posé, il faut le résoudre de manière démocratique; qu’il y ait un débat sur ce point », a déclaré Yves Cochet.

« Nous y travaillons », a répondu jeudi Jean Glavany, en se déclarant favorable à des « précautions supplémentaires sur les essais de recherche en plein champ ».

Selon Nicolas Kuntz, secrétaire national de la Confédération paysanne, le gouvernement, « préoccupé par la situation actuelle », va « mettre en place une cellule de réflexion » sur le sujet.

En agissant à Beaucaire, les militants de la Confédération paysanne ont mis leur menace à exécution. Fin juillet, le syndicat avait menacé le gouvernement de détruire les essais d’OGM cultivés en plein champ s’il ne procédait pas à ces destructions avant le 12 août.

Source : AP

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