La déréglementation dans le secteur laitier nuirait aux agriculteurs sans avantager les consommateurs

Longueuil (Québec), 4 avril 2008 – Selon de nouvelles études du groupe AGECO, la gestion de l’offre est toujours pertinente dans le secteur laitier au Canada et l’exemple australien montre que la déréglementation s’est faite au détriment des producteurs, sans bénéfice pour les consommateurs. « Lesrésultats de ces nouvelles études témoignent bien de la nécessité que legouvernement canadien sorte des négociations agricoles à l’Organisationmondiale du commerce (OMC) en préservant intégralement la gestion de l’offre.Nous apprécions l’appui politique qu’a manifesté le gouvernement Harperjusqu’ici aux productions sous gestion de l’offre, mais le gouvernement serajugé sur les résultats » a déclaré le président de l’Union des producteursagricoles (UPA) et porte-parole de la Coalition GO5, Christian Lacasse.Rappelons que les négociations agricoles à l’OMC ont repris de façon intensiveà Genève depuis janvier dernier.

Pour le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec,Marcel Groleau, « Cette étude démontre que la déréglementation et l’ouverturedes marchés que propose l’OMC ne serviraient ni les consommateurs, ni lesagriculteurs. Notre modèle est avantageux et doit être préservé. Il favoriseune production locale d’aliments de qualité, à bon prix, et permet à desfermes familiales de vivre du marché, sans soutien financier de l’Etat. Deplus, la gestion de l’offre favorise une agriculture de proximité qui réduitl’émission de gaz à effet de serre due au transport des aliments ».

Ces études sont une mise à jour des études publiées en 2004 et en 2006.Elles ont été produites sous la direction de Daniel-Mercier Gouin,vice-président d’AGECO, titulaire de la Chaire d’analyse de la politiqueagricole, professeur au département d’économie agroalimentaire et des sciencesde la consommation de l’Université Laval et détenteur d’un doctorat enéconomie du développement. Elles ont été rendues publiques dans le cadre d’unerencontre des principaux partenaires de GO5, la coalition pour un modèleagricole équitable la gestion de l’offre. Elles analysent la performancecomparée des systèmes de régulation du Canada, des Etats-Unis, de la France,de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Les auteurs des études estiment qu’à la suite d’une déréglementation « desprogrammes alternatifs de soutien du secteur devraient être mis sur pied, àl’image des programmes de soutien des revenus en vigueur dans le reste del’agriculture canadienne, entraînant une hausse appréciable des coûtsbudgétaires ». Par ailleurs, dans un contexte de grande instabilité des prixsur le marché international des produits laitiers, ils confirment que lemodèle actuel protège les consommateurs canadiens contre ces fluctuations.L’étude cite notamment la hausse de 150 % du prix international de certainsproduits laitiers. « Les consommateurs de certains pays dépendants du marchéinternational font bien évidemment les frais de telles fluctuations de prix.Ce n’est pas le cas des consommateurs canadiens » selon l’étude.

Le cas australien
Baisse des prix à la ferme, hausse au détail : les intermédiaires empochent
Le groupe AGECO a également procédé à une mise à jour de son analyse ducas australien. Rappelons que le 1er juillet 2000, l’Australie a entrepris ladéréglementation de son industrie laitière après plusieurs décenniesd’intervention publique. Les auteurs concluent notamment que le nombre defermes a diminué de près de 40 % depuis la déréglementation. L’impact négatifressenti sur les fermes ne s’est toutefois pas transmis par des avantages pourles consommateurs. « En effet, après une diminution significative dans lespremiers mois suivant la réforme, les prix au détail du lait de consommationont rapidement retrouvé et même dépassé leur niveau d’avant la réforme, alorsque le prix à la ferme demeurait nettement inférieur. Le bénéfice escomptépour le consommateur ne semble donc pas s’être matérialisé et semble avoirplutôt atterri dans les coffres des intermédiaires sous forme de marges plusélevées » concluent-ils.

Les études démontrent aussi que « La situation des producteurs australiensde lait de consommation est peu reluisante. Ces derniers ont en effet dûaccuser un recul important de leurs recettes laitières et de leur revenu net ».Huit ans après l’entrée en vigueur de la réforme, les ajustements apportés parles producteurs de lait de consommation ne leur ont toujours pas permis deretrouver le niveau de rentabilité d’avant la réforme, ajoutent-ils.

Depuis sa création en 2003, GO5 Coalition pour un modèle agricoleéquitable la gestion de l’offre a su rallier 30 000 personnes et organisationsqui croient en une agriculture forte et prospère au Québec. Elle vise lemaintien de la gestion de l’offre au terme du cycle actuel de négociations àl’OMC. Il est possible d’obtenir plus d’informations sur le site Internet dela Coalition GO5. Les deux études sont également disponibles dans le site :http://www.go5quebec.ca/fr/etude.php.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Groupe AGÉCO
http://www.groupeageco.ca

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